‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 89 sur 96 · QUARANTE-HUITIEME LETTRE · texte numérisé non relu

QUARANTE-HUITIEME LETTRE

à Félix A ruer s.

12 novembre 1849.

Cher petit Arvers, il s'agit de me rendre un grand

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service, et puisque tu connais M. Bineau, la chose t'est très facile. Un de mes voisins, qui est aussi un de mes bons amis, M. Amiel, voudrait entrer dans le service communal qui s'organise en ce moment pour le chemin de fer de Lyon. Par sa position d'ancien banquier dans la ville de Fontainebleau, il est à môme de rendre de grands services à l'exploitation. Sache bien que si le ministre le veut il peut être nommé demain. Vois-le donc, presse-le, et je suis sûr qu'il ne te refusera pas si tu consens à faire de cela une question personnelle.

Tu peux lui dire que le secrétaire de la commission, M. Berrver fils, s'intéresse particulièrement à M. Amiel et que, dès que son nom sera mis en avant, il l'appréciera chaudement et se chargera de donner sur lui les meilleurs renseignements. Je ne sais pas quelles places sont disponibles; je n'ai pas besoin de te dire que je désirerais pour lui une des meilleures. Mais ce qu'il désire, avant tout, c'est d'entrer dans le chemin [de fer] de Lyon (dans la partie de Paris à Montereau),k n'importe quelles conditions, se chargeant lui-même d'avancer une fois qu'il y sera. M. Amiel est un homme de 34 ans et la chose est essentielle, car on désire avant tout des jeunes gens. Dès que tu auras fait cette démarche, écrismoi de suite pour savoir s'il est utile que M. Amiel aille te trouver ou se présenter au ministère. La chose est pressée et je te supplie, mon cher ami, de t'en occuper le plus tôt possible, en écrivant un mot à ton ami Bineau. Il est certain qu'il t'indiquera de suite le moyen de le voir et la chose te sera de suite accordée. S'il te disait qu'une compagnie va prendre le chemin et en changera probablement les employés, insiste toujoure pour avoir la place, car M. Amiel est assez capable et assez bien épaulé d'ailleurs pour s'y maintenir, et s'il désire y

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entrer maintenant, c'est que ce serait peut-être pour lui l'occasion de remplacer les g'ens remerciés. Enfin, mon cher petit Arvers, je compte tout à fait sur toi, en cette circonstance, pour cette raison toute simple que je n'ai jamais douté de ta vieille amitié. Dieu, quand te verrat-on dans nos parag-es ? Est-ce qu'un train direct, très de plaisir pour nous, ne t'y amènera pas prochainement ? Mille choses aimables de la part de ma femme et tout à toi de cœur.

ALFRED TATTET

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