LE ROI DON FERNAND, DON DIÈGUE LAYNEZ
(Ils entrent en causant. Tous deux ont la barbe blanche. Diègue Lagnez est décrépit et caduc; il tient à la main une canne sur laquelle il s'appuie).
Diègue, s' agenouillant devant le roi. — Ma fidélité reçoit une récompense insigne.
Le Roi. — Je paye une dette.
' Diègue. — Ta Majesté l'honore.
Le Roi. — C'est mon sang que j'honore dans Rodrigue. Diègue Laynez, relevez-vous. J'ai donné mes propres armes pour l'armer chevalier.
Diègue. — Oui, Sire, il a veillé près d'elles et va bientôt venir.
Le Roi. — Je l'attends, il ne peut tarder.
Diègue. — Par surcroît de faveur, Son Altesse le prince don Sanche et Sa Majesté la Reine daignent lui servir de parrains.
Le Roi. — Ils s'acquittent aujourd'hui envers ma tendresse.