SCÈNE XVI LES MEMES, LE CID
Diègue, se jetant dans les bras de son fris. — La joie me rend fou.
Le Cid. — La raison de ta joie nous justifie tous deux (Au roi.) Mais je suis à tes genoux, demandant à baiser ta main, à t'embrasscr les pieds, espérant ma grâce entière. (77 s'agenouille devant le roi.)
Le Roi. — Relève-toi, relève-toi, glorieux fils des Goths, relève-toi.
Rodrigue, an roi. — C'est toi qui me tiras du néant. (A don Sanche.) Mon prince!
Don Sanche. — Mon Rodrigue!
Le Cm, à dona Urraca. — Tes bénédictions ont fait fleurir les palmes que je cueille.
Dona Urraca. — Puisqu'elles ont quelque vertu, je te bénis de nouveau.
Le Roi More. — Grand Rodrigue !
Le Cid. — 0 Almanzor!
Le Roi More. — Donne-moi ta main, mon Cid.
Le Cid. — On ne demande la main à personne en présence du roi, mon seigneur. C'est à lui seul que tu dois prêter serment et jurer obéissance.
Le Roi More. — Je me range à sa loi en mon nom comme en celui des trois autres rois. (A part.) 0 Allah, patience !
1 >on Sanche. — Il l'a nommé « Mon Cid ».
Le Roi More. — Dans notre langue Cid signifie Seigneur. Notre vainqueur a conquis et mérité ce nom.
l.i Roi. — Il lui convient.
Le Roi More. — Il l'a reçu des Mores.
Le Roi. — Puisqu'il l'a conquis sur vos terres, on le lui donnera dans mon royaume, ce n'est que justice. Par son étrangeté, il ajoutera même à l'éclat de ses titres et accroîtra sa gloire..