‹ La jeunesse du CidChapitre 38 sur 54 · SCÈNE II LES MÊMES, Le ROI DON FERNAND, D1ÈGUE LAYNEZ et leur suite · texte numérisé non relu

SCÈNE II LES MÊMES, Le ROI DON FERNAND, D1ÈGUE LAYNEZ et leur suite

Diègue. — J'embrasse tes pieds et te remercie de la grâce que tu as accordée à Rodrigue. C'est en volant qu'il viendra te servir.

Le Roi. — Je l'attends bientôt.

Diègue. — Je bénis mon sort.

Le Roi, à Dona Urraca qui se retire. — Dona Urraca, où allez-vous ? Attendez ma fille. Que faites-vous ? Pourquoi vous affliger ? Qu'avezvous ? Vous avez pleuré ? Vous pleurez ? Êtes-vous triste ?

Doxa Urraca. — Je ne le serais pas, si toi, de qui je tiens la vie, tu devais être éternel et si mon frère était plus affectueux. Mais privée de ma mère, à la veille de te perdre, j'ignore le sort qui m'attend et je redoute sa rigueur. Le prince est un lion pour moi.

Le Roi. — Calmez-vous, infante. Ma prévoyance suppléera l'éternité dont je ne puis disposer. Et, puisque, j'en rends gloire à Dieu, j'ai conquis plus d'Etats et de royaumes que je n'en héritai, je vous destine l'un d'eux. Réjouissez-vous que je sois encore vivant, et si...

Doxa Urraca. — Donnez-moi la main !

Le Roi. — Don Sanche n'est pas un bon frère, moi je suis votre père et un bon père.

Doxa Urraca. — Le Ciel te garde !

Le Roi. — Ayez confiance en moi.

Doxa Urraca. — Ta bénédiction m'a rendu courage.

Arias, à Dona Urraca qui sort. — Ton contentement me touche.

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