SCÈNE XIV
LES MÊMES, CHIMÈNE en habits de fête.
Chimène, à part. — Je porte la mort dans le cœur ! Ciel, pourrai-je feindre? (Haut.) Je viens de recevoir cette lettre d'Aragon et comme elle m'apporte l'espérance de bonnes nouvelles, le deuil que j'ai pris le jour de la mort, je le quitte le jour de la vengeance.
Diègue. — Rodrigue est donc vaincu ?
Chimène. — Et mort, du moins j'aime à le croire.
Diègue. — Ah, mon fils !
Le Roi. — Nous ne tarderons pas à recevoir des informations sûres.
CHIMÈNE, à part. — Je voulais savoir s'ils avaient des nouvelles et, à mon tour, j'ai eu recours à la feinte.
Le Roi, à Diègue. — Calmez-vous.
Dièque, — Que je suis malheureux ! (A Chimène.) Tu es cruelle.
Chimène. — Je suis femme.
DiÈGUE. Maintenant seras-tu satisfaite si mon Rodrigue est mort.
Chimène, à part. — Je poursuis la vengeance, mais L'âme court au devant des tempêtes.