Voir les documenta de l'affaire, dans Carlyle, Vlï
pée. Il paraît qu'il disait naïvement : « C'est un mal do rate qui m'a pris. J'étais de mauvaise liumeur, et, quand cela me prend, il faut que ma nature se soulage. » Il aurait même ajouté : « Si c'eût été une lettre du roi d'Angleterre, à la bonne heure, on aurait eu raison de se fâcher; mais la lettre d'un faquin comme Grumbkow, que peut-on dire? Ne suis-je pas le maître de faire ce que je veux ? Les Anglais sont bien chauds M »
Être le maître de faire ce que je veux, cela veut dire : Je sais mieux que vous que Grumbkow est un coquin; la lettre originale ne m'aurait rien appris, quand même jo Taurais lue ; mais j'ai le droit d'avoir les ministres qu'il mo plaît. Et s'il me convient, à moi, d'être trompé? — Il est certain que sir Holbam était sorti des convenances diplomatiques en attaquant, comme il l'avait fait^ un ministre de la couronne de Prusse, mais il s'agissait d'une affaire de famille, de ce mariage, qu'une trahison contrecarrait. Il avait donc cru pouvoir démasquer le traître. En tout cas, le roi, s'il avait voulu relever l'inconvenance du procédé, avait pris une façon étrange. Il le sentait bien; il l'avait senti, dès qu'il avait refermé la porte : c'est pour cela que, tout de suite, il avait envoyé Borcke à sir Holham. Quand son ministre revint, sans avoir rien obtenu, il lui commanda une nouvelle démarche ; Borcke exprima de nouveau par lettre son regret de ce qui était arrivé, et, de la part du roi, invita sir Holham à dîner pour le lendemain. La réponse fut toujours la môme : impossible de reparaître à la cour.