I. Sauveterre, A.-E. Prusse, 1730, 27 sept, et 3 oct
incapable de l'y faire empoisonner ou étrangler. Reslait à procéder contre lui par voie do justice. Mais devant quel tribunal? La qualité de membre de l'empire suivrait l'accusé et compliquerait le procès. Le roi pouvait-il espérer d'ailleurs qu'un tribunal prussien condamnerait à mort le prince royal de Prusse ? Il me semble qu'il a vu, après les premières fureurs, ^impossibilité d'une condamnation capitale et d'une exécution.
L'idée à laquelle il s'est arrêté le plus longtemps, c'est de déposséder son fils de la couronne. 11 le traite comme un déshérité. Il a donné le régiment de Frédéric à Guillaume. Il appelle son fils aîné, non plus le KronpnnZy mais « le fils du roi de Prusse, Frédéric », ou « le prince Frédéric S). Mais alors pourquoi n'a-t-il pas accepté la proposition que Frédéric a faite à la commission, la seconde fois qu'il a été entendu par elle, de renoncera ses droits? Pourquoi s'est-il contenté de répondre qu'il ne voulait pas le reprendre comme officier dans son armée? Sans doute, parce qu'il ne croit pas à la sincérité du prince, et parce qu'il redoute les troubles qui bouleverseraient l'État après sa mort. Il sentait bien que Frédéric n'abdiquerait pas son titre d'héritier sans restriction mentale, et que le cadet, Guillaume, aurait affaire à forte partie. Un pareil acte, d'ailleurs, n'eût été valable qu'après la confirmation solennelle qu'il aurait fallu demander à l'empire. C'était une procédure à suivre, très lente. C'était soumettre, sous les yeux de TEurope, cette histoire de famille au jugement des princes et de l'empereur. Qui sait