‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 80 sur 112 · Koser, à lappendice, pp · texte numérisé non relu

Koser, à lappendice, pp

4. Il existe uq rapport sur les dernières Journées et Texécution d»5 Katte, adressé par le major Schack au lieutenant-général Katte, et qui est en grande partie dans Fontane, loc, cit., pp. 317 et suiv. J*ana]yse ici ce rapport.

d'être présent à votre exécution. Deux fois, j'ai voulu refuser, mais il me fout obéir. Dieu sait ce qu'il m'en coûtol Fasse le ciel que le cœur du roi change, et qu'au dernier moment j'aie la joie devons annoncer votre grâce! » «Vous êtes trop bon, répondit Katte! Je suis content de mon sort. Je meurs pour un seigneur que j'aime, et j'ai la consolation de lui donner par ma mort la plus grande preuve de dévouement. »

Dans la voiture qui l'emporta, prirent place le commandant Schack, un sous-ojfficier et le révérend Mûller, aumônier du régiment des gendarmes. Dès que le cortège fut sorti de la ville, le pasteur entonna des cantiques, parmi lesquels celui-ci : « Loin de mon cœur, les pensées ! » Arrivé à l'endroit où l'on devait passer la nuit, Kattc exprima le désir d'écrire à son père ; on le laissa seul, mais lorsque le major rentra, il le trouva allant et venant: « C'est trop difficile, dit-il. Je suis si troublé que je no trouve pas le commencement. ))I1 écrivit pourtant, et une belle lettre sincère.

Il allait enfin au fond de lui-même. Il rappelait la peine que son père s'était donnée pour sou éducation, dans l'espoir que sa vieillesse serait consolée par les succès de son fils. Lui-même, il avait cru s'élever dans le monde. « Comme je croyais à mon bonheur, à ma fortune; comme j'étais rempli de la certitude de ma grandeur! Vain espoir! quel néant que les pensées des hommes! Comme elle finit tristement, la scène de ma vie! Comme mon état présent est différent de celui que je portais dans mon esprit! Je dois, au lieu du chemin de l'honneur et de la gloire, prendre celui de la honte et do

la mort infâme 1 » Mais ce chemin, c'était Dieu qui Tavail choisi pour lui : les chemins de Dieu ne sont pas ceux de la foule, et les chemins des hommes ne sont pas ceux de Dieu! « La maudite ambition qui se glisse dans le cœur, dès l'enfance », l'aurait perdu en l'éloignant de Dieu à tout jamais, a Comprenez bien, mon père, et croyez bien que c'est Dieu qui dispose de moi, Dieu sans la volonté duquel rien n'arrive, pas même la chute d'un moineau sur la terre!... Plus le genre de ^mort est amer et rude, plus agréable et plus douce, l'espérance du salut! Qu'est-co que la honte et le déshonneur de cette mort, en comparaison de la splendeur future? Consolez-vous, mon père! Dieu vous a donné d^autres fils auxquels il accordera peutêtre plus de bonheur sur cette terre, et qui vous donneront, mon père, la joie que vous avez espérée vainement de moi, ce que je vous souhaite du fond de mon âme! Je vous remercie avec un filial respect du fidèle amour paternel que vous m'avez témoigné, depuis mon enfance jusqu'à ce jour. Que Dieu le tout-puissant vous rende au centuple cet amour que vous m'avez donné! Qu'il vous garde jusque dans une longue vieillesse! Qu'il vous nourrisse en bonheur, qu'il vous abreuve de la grâce de son esprit!*»

H ajouta quelques mots pour la femme de son père, qu'il avait aimée comme si elle était sa mère, et pour ses frères et ses sœurs, s'excusant de ne point leur exprimer tout son cœur : « Je suis aux portes de la mort 1 Je dois penser à y entrer avec une âme purifiée et sanctifiée. Je

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