ACTE III
Ah ! mauvaise nouvelle I
P.HILIPPE.
Gomment! n'est-il pas sûr que l'adversaire appelle?
JOULIN.
Si fait, mais il a pris le Bâtonnier.
PHILIPPE
Tant mieux I Le combat en sera d'autant plus glorieux , Et, vainqueur ou vaincu, l'honneur de cette lutte Achève de poser un homme qui débute.
JOULIN.
Oui , mais votre client vous craignant inégal A ce rude jouteur, a pris Léon Duval.
Pliilipçe s'assied accablé.
Courage, mon ami, courage 1 ce déboire Des jeûnes avocats est la commune histoire.
Le coup est difficile à porter, c'est certain; Mais c'est votre jeunesse et non vous qu'il atteint.
PHILIPPE, se relerant Tiolemment.
Ma jeunesse! — Quand donc finira ma jeunesse?
JOULIN.
Cela n'empêche pas qu'on ne vous reconnaisse Un vrai talent; on sait tout ce que vous valez. Et c'est pour mieux sauter'' qu'ici vous reculez.
PHILIPPE
Non ! ne me leurrez pas de fausses espérances. Faites -moi nettement le bilan de mes chances. J'ai besoin de savoir juste à quoi m'en tenir.
JOULIN.
J'ai foi dans votre force et dans votre avenir.
PHILIPPE
, Vous ne répondez pas.
JOULIN.
Que voulez -vous qu'on dise?...
PHILIPPE
C'est vrai; ma question est vague. Je précise:
Supposez que Ton m'offre une position
En dehors du palais... l'administration,
Par exemple ; au barreau faut- il que je renonce ?
JOULIN.
Vous l'oCTre-t-on?
PHILIPPE
Je dois rendre aujourd'hui réponse.
JOULIN.
Eh bien ! n'hésitez pas , acceptez haut la main.
PHILIPPE, arec angoisse.
Je n'ai donc nul espoir de faire mon chemin ?
Dame! si vous n'avez pour salut d'autre planche Que moi...
PHILIPPE, areo un sourire forcé.
Votre amitié branlerait- elle au manche?
JOULIN.
Non pas. . . mon amitié vous restera toujours. Mais les événements peuvent prendre tel cours , Il peut se présenter telle vicissitude