ACTE V
Je t'aime éperdument ; que m'importe le reste I
GYPRIENNE, ge d^ga^eant.
Laisse-moi I
PHILIPPE
Non, non, non I à toi de triompher.
C'est trop souffrir, c'est trop me vaincre et m'étouffer! Que l'incendie éclate et qu'il me purifie De tout ce qui n'est pas ta pensée, ô ma viel Ah I quelle volupté, quel sauvage plaisir De se jeter à corps perdu dans son désir I Chère femme!
CTPRIENNE.
Tais-toi I...
PHILIPPE
Je t'aime, oh oui , je t'aime!
GYPRIENNE.
Non... ne t'engage pas... es- tu sûr de toi-raèrae?
PHILIPPE, se jetant à ses pieds.
Regarde dans mes yeux si je mens I
GYPRIENNE, tris-troublée.
Lève-toî...
Allons-nous-en d'ici... "
PHILIPPE
Non, reste, réponds-moi...
Dis moi que tu consens à devenir ma femme, Bfa Cyprienne !
GYPRIENNE.
Attends de voir clair dans ton âme.
Peut-être que demain tu le regretteras Ce moment d'abandon..^
PHILIPPE
Jamais I jamais I
GTPBIENNE.
Hélas!
Jo donnerais beaucoup pour te croire, et je n*ose.
PHILIPPE
Quel serment te faut-il de ma métamorphose?
Eh bien I par la beauté de la terre et des cieux. Par le printemps en fleurs, par Tété radieux... Mais non, par ma jeunesse à la fin déchaînée... Non, noni par tes douleurs, ô douce résignée, Je jure qu'il n'est plus ce vieillard, ce pervers Qui cherchait d'autres biens que toi dans F univers 1 Moi, je suis un jeune homme heureux et sans envie , Ne demandant à Dieu que de gagner ta vie, Et défiant le sort d'atteindre son bonheur Enfoui désormais tout entier dans ton cœur.
Me crois-tu maintenant?
Elle lui tend la main en sonrUnt.
Soyez témoins pour elle, Bois pleins d'ombre et de mousse où rit la tourterelle I
CTPRIENNE.
Soyez témoins pour lui, vous qui portez conseil, champs laborieux sous le poids du soleil I .
PHILIPPE
Qu'ainsi soit notre vie à la fois rude et douce : Je serai la moisson, toi l'ombrage et la mousso: