SCÈNE m
Un doilre ouvert sur un jardin
Entre maguelonne
Magueloane
Une aube de printemps eftleure les parterres Et le jeune jardin semble un sourire pur. Vous souriez à la fuite des mois austères, Fleurs amicales, tleurs de pourpre, fleurs d'azur.
La mortelle saison de la bise est passée
Et je me sens joyeuse ainsi que vous, ù fleurs.
En s'en volant au loin de son aile glacée
On dirait que l'hiver emporte mes douleurs.
Oh, j'ai pleuré longtemps : les fleurs étaient fanées Et les arbres avaient perdu feuilles et fruits ;
J'ai pleuré dans la brume lente des journées, J'ai pleuré dans la froide obscurité des nuits.
Sur la haie on voit poindre déjà les arbouses, Le ciel a dévêtu son manteau gris et noir, Des astres parfumés étoilent les pelouses Et voici que je rentre au palais de l'espoir.
Là, des hautbois mystérieux et des mandores Murmurent doucement sous d'invisibles doigts.. S'il allait revenir, chevauchant les aurores, Le Héros qui hantait mes rêves, autrefois.
Oh, l'épreuve mauvaise et cruelle est finie ;
Je n'aurai plus mes pauvres yeux voilés de pleurs
Et je ne vivrai plus des heures de pâleurs.
Je revivrai les jours de joie et d'harmonie.
Toi qui donnes à tous les biens que tu promets, Toi qui sièges au Paradis dans la lumière. Bonne Vierge, tu as exaucé ma prière.
Que ton nom soit béni des siècles, à jamais.
Je revois le palais natal et la terrasse
Vers qui monte le soir le chant des vendangeurs.
Tandis que l'horizon s'obscurcit et s'efface.
Le ciel, où vont mourir les dernières rougeurs, Est enchanté d'hymnes d'espoir et de tendresse Que murmure le vol des oiseaux voyageurs.
Des brises douces me frôlent de leur caresse,
Un arôme d'amour s'échappe du hallier,
Des sylphes rient là-bas, et voici que se dresse
En son armure d'or le royal Chevalier.
Entrent les nonnes
Les Nonnes
Virgo diva, magnanima, Bona nobis das suprema ; Nos, Maria, semper ama.
Nostrum refugium tu es, Gui felices donat dies .Jhesus, tua progrenies.
Gemmis ut inserta turris, Luminibus luces miris Et tiistibus tu succuris.
Tui, que in nobis intus, Laudes dicant os et pectus Et ad celum spargant cantus.