‹ La joie fait peur [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 56 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

dans les bras.) Eh bien! Noël... Noël... reviens à toi, (Noël le regardant et cherchant à le reconnaître, ùl lui dit:) C’est bien moi!

NOEL, après avoir sangloté. Oh! mon enfant, que je suis heureux ! Il l'embrasse.

ADRIEN. Mais, Noël, ce saisissement... je ne comprends pas... Mes deux lettres... tu ne les as donc pas reçues ?

Noel. Rien... je n’ai rien reçu.

ADRIEN. Ma lettre a dû arriver hier.

NOEL. Hier!... Depuis qu'on n'attend plus rien de toi, on n’envoie plus chercher les lettres à la ville,

ADRIEN. Mais vos autres lettres ?

NoEL. Oh! celles-là, elles viennent quand elles veulent.

ADRIEN. Et ma mère?..,

NoEL. Elle vous croit toujours mort,

ADRIEN. Mort!

Noër,. Ah! la malheureuse, quel coup de foudre ! Oh! Seigneur !..,

ADRIEN. Ainsi, elle n’est donc pas préparée à mon retour ?

Noel. Est-ce que j'y étais préparé, moi?,..

Mais, j'y pense, quelqu'un t'a peut-être vu entrer ici?,,, N'as-tu pas rencontré quelqu'un ?

ADRIEN. Personne... J'étais même inquiet de ce que vous ne veniez pas tous à ma rencontre, ..NoErz. A sa rencontre !,,, Il est amusant !... Mais cette émotion est trop... un autre à ma place en serait tout éperdu.,,. Heureusement que j'ai de la tête! Voyons, soyons prudent,,, ces pauvres femmes, elles en mourraient !.,, il faut les amener,

petit à petit, à cette idée... si douce! mais trop douce... Ah! c’est que, vois-tu, elles n’ont pas mon énergie... elles ne pourraient supporter... comme moi...

ADRIEN, lui prenant les mains. Mon brave Noël, tu trembles pour ma mère... elle est donc bien malade, que le bonheur de me revoir te paraît si dangereux pour elle ? |

NOEL. Très malade... Oh! je ne suis plus inquiet... c'était le chagrin... le bonheur va la guérir; mais, pour cela, il ne faut pas qu'il la tue du premier coup. Oh!ce premier moment sera terrible!... Je ne sais... je cherche,,, Me voilà aussi tourmenté que le jour où je lui ai appris votre mort. Elle est restée trois heures sans connaissance... et pourtant je l'avais amenée tout doucement...

ADRIEN. Pauvre mère!,,, Oh! qu’il me tarde de l’embrasser |

No. Tuis-toi donc ! tu me fais peur,

ADRIEN, Tu crois que la joie?..,

Noel. Je crois qu'à votre vue elle tomberait morte... voilà ce que je crois... I faut absolument que votre sœur...

ADRIEN. Oui, Blanche nous aidera, Qu'il y a longtemps que je ne Pai vue! comme elle doit être jolie à présent !

No, Elle était jolie, elle l'est encore; mais depuis votre mort elle pleure tant !..,

ADRIEN. Chère petite sœur! Et mademoiselle de Pierreval ?

Not, Elle est ici,

ADRIEN. Mathilde est ici!

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