‹ La joie fait peur [microforme] (volume 2)Chapitre 5 sur 56 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

OcTAVE. Vous n’en avez pas le droit... Votre talent et vos succès vous engagent.

MATHILDE. Eh! qu'importent à présent mes succès! Adrien n’est plus 14... Mon talent!

Tout ce que je lui demande (allant à la table où elle dessinait), c’est la force d'achever son portrait, Oh! je voudrais le faire bien ressemblant... laisser de lui un beau souvenir... Ce cher portrait! ce Lsera mon dernier travail! Mais... sans lui!... } disputer à la mort cette pauvre image perdue...

Ah! c’est affreux!

Elle s'accoude sur la table, la tête dans ses deux mains, et pleure.

OCTAVE. Quelle idée aussi de partir, de vous

quitter, d'aller courir le monde! Comment voyage-

t-on quand on est aimé! Mais moi, Mathilde, si vous nraviez aimé un peu, seulement un peu, je n'aurais jamais eu le courage de vous dire adieu ; MW non, j'aurais voulu passer ma vie à vous regarder 0 vivre. Je n'aurais pas rêvé la gloire, moi, le vain | éclat de mon nom... Votre gloire charmante m'aurait suffi; je n'aurais rien désiré de plus H noble que de vous aider à briller vous-même pour UN DO nous; je n'aurais songé qu'à vous secourir dans vos travaux ; je me serais fait le serviteur de votre génie, et ce rôle modeste et fier m'aurait enivré. Ah! c'est que moi je ne suis pas un ambitieux... Jaime! (Mathilde « relevé la téle, Elle serre le portrait dans le tiroir de la table.) Sans doute, lui æ vous aimait, il avait pour vous une affection sérieuse; mais S'il vous avait aimée d'amour, d'un véritable amour... (Mathilde se relève.) Vous avez beau vous fâcher, je le répète, ,. il ne serait point parti, |

Qt

MATHILDE. Et moi je ne l'aurais pas aimé! car c’est son ambition qui me plaisait... cette soif de la renommée, ce besoin de porter dignement un nom déjà illustre dans l’histoire de son pays. Il aimait mieux courir des dangers, braver mille morts que de rester inutile et inconnu près de moi, ditesvous? Eh bien! c’est là son mérite à mes yeux, c'est cette audace qui m'a séduite. Adrien ne m'aimait pas! Voilà ce que vous tenez à me faire comprendre, n'est-ce pas ?... Soit, j'ai compris, et je vous réponds que j'aime mieux cette héroïque indifférence, cet abandon glorieux, que la passion exclusive, la tendresse éternelle que tout autre oserait nr'offrir:,

OCTAVE. Vous êtes injuste, Mathilde; je ne mérite pas cette indignation. En quoi vous ai-je donc si cruellement offensée ?

MATHILDE, avec colère, Vous m'aimez !

OCTAVE. Est-ce un crime ?

MATHILDE. Ouil... c’est votre ami que je pleure.

OCTAVE. Vous ne le connaissiez pas encore que je vous aimais déjà... Alors vous ne vous fâchiez pas de mon amour,

MATHILDE, avec insolence., J'en riais.

OCTAVE. Oh! vous êtes sans pitié! Vous voulez donc me désespérer ?,,,

MATHILDE. Vous voulez bien me consoler!.,, Vous ne sentez done pas ce qu'il y a pour moi d'offensant et de méprisant dans votre espérance ?.., Me parler d'amour quand je pleure, c'est me dire que je suis un cœur sans foi, une femine sans souvenir, sans religion, sans

pude misé1 par 1 âme

pensi pour (Elle Vous aime vous je n long SAVO espè qu'il qu'il pas

mais M Où ma tuer M ne’ pas O( M

Elle 8

1é! car soif de nt un ys. Il morts ditesyeux, ien ne à me mpris, sroïque passion autre

re que fâchiez

voulez

ler !.,, ir moi ‘e e8dd je r sans l, sans

Page 1