OCTAVE, MATHILDE
OCTAVE, se lovént ob fermant la porte.
Seuls un moment par hasard... (n s'approche de Mathilde, qui se léve aussitôt et reste immobile.) De grâce, écoutez-moi, je vous en supplie! Laissez-moi promettre à votre père que bientôt vous reviendrez chez lui.
MATHILDE
Je vous l'ai déjà dit, je veux, je dois rester ici. OCTAVE.
Vous devez demeurer chez vos parents, dans votre famille. MATHILDE.
Ma famille est celle-ci... celle de l’homme que je devais épouser. |
OCTAVE
Je comprends que vous ayez voulu le pleurer près de sa sœur et de sa mère dans les premiers jours de-votre chagrin; mais après trois mois de deuil, il me semble...
MATHILDE
Eh ! monsieur, si j'étais sa veuve, j'aurais le droit de porter son deuil toute ma vie, . OCTAVE.
‘ Alors ce serait différent... les convenances.….
MATHILDE, irritée, passant à gauche.
Eh! qu’appelez-vous les convenances? Je pleure avec ceux qui ont la même douleur que moi, voilà pour moi les seules convenances. :
OCTAVE
Vos devoirs de fille... é
& MATHILDB.
La mère d'Adrien est pour moi une mère.
OCTAVS.
Mais enfin, votre père.
MATHILDE
Mon père est remarié ; il est heureux : il n’a pas besoin de
moi, et je suis certaine que sans vos observations... inutiles, mon père n'aurait point songé à me rappeler à Paris.
OCTA VE.
Il souffre de vous savoir en proie à un si violent désespoir! Il vous aime, il est fier de vous, de vos succès. Être au premier rang parmi nos plus fameux artistes, et perdre tout cela dans les larmes et dans l'oisiveté de la douteur!.… Votre père a raison... il dit que bientôt l'art lui-même vous fera défaut, que vous ne pourrez plus peindre.
MATHILDE
Eh bien! je ne peindrai plus.
OCTAVE
Que vous tomberez malade et que vous mourrez..,
MATHILDE,
Eh bien! je mourrai.
OCTAVE
Vous n’en avez pas le droit... Votre talent et vos succès vous engagent.
MATHILDE, Eh ! qu'importent à présent mes succès! Adrien n'est plus là...
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