‹ La jolie ferme, ou La vertu rompenséeChapitre 1 sur 17 · LOUISE DE M · texte numérisé non relu

LOUISE DE M

Tu ne fais, ma chère petîte-fille, que d'entrer dans la carrière de la •vie 5 et moî je touche à sa fin ^ que je vois approcher avec calme^ comme le soir d^mi beau jour. Cependant j'éprouve une grande satisfaction à te dédier ce petit livre ^ doux fruit de mes veilles ^ dans une langue que^ quoique bien jeune^ tu parles avec autant de facilité que celle de

ton père. Vos livres sont utiles à nos enfans : ils y puisent ces excellens préceptes de morale^ mis à la portée de leur âge^ et rendus plus ëvîdens par les exemples qui servent à les développer. Puisse ce- Ini-ci^ en paraissant avec ton nom, Tétre aux enfans Anglais! c^est le vœu le plus ardent de mon cœur; et qu^après pin sieurs ^ générations , on dise : Une Française écrivit ces pages intéressantes pour Tinstruction et Tamusement de miss M"^"^^^ qui 5 avant six ans^ était en état de les lire; et ton- exemple encouragera tes jeunes compatriotes à apprendre le français, comme vos jo-

lis ouvrages, pour réducatîon, font désirer à nos enfans de savoir l'anglais. C'est donc à toi que je recommande le succès de cette faible production^ qui n'a d'autre mérite que d'être un témoignage sincère de ma tendresse pour toi.

Mais cette recommandation me j:)araît inutile^ si je juge ton cœur d'après le mien ; d'ailleurs^ tu m'as donné des preuves non écjuivoques de tes sentimens : c'est une consolation^ dans mes derniers jours /de pouvoir encore exciter l'intérêt de ceux que l'on aime!

J'aurais pu faire ma dédicace un peu plus longue ; je ne l'ai pas

voulu j parce que je sais qu'une éloquence verbeuse est rarement FeKpression du sentiment.

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