HISTOIRE DE LA FAMILLE S AU VIGNE
l^,^ l^y Sauvigné descend d'une famill^ .^e riches fermiers de la Normandie^ jqui jouissaient de ?e^ticf3e de leurs. voisin|,^ Leur habitation était auprès de Lisieux* Le grand-père de celui dont il vous intéresse de sawir l'histoire, fit ses études à Rouen , et ne voulant pas prendre la charrue, après avoir acquis des connais-
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sances en littérature, vint à Paris, où il se lia avec Corneille (i). Ce grand homme lui trOtiivant de Pesprit, le présenta à M. de Colbert {2) , qui le fit entrer dans la finance. Son fils suivit la même carrière, ^t ils avaierft acquis , sans manquer a la probité, une fortune considérable: niais le père de M. Sauvigné actuel, fit un de ces mariages qui réussissent rarement. Il épousa une fille de qualité , n'ayant pour dot qu'une rare beauté , un ôrgaèil insupportable et un goût effréné pour les plaisirs.
Elle eut, dès la première année de son mariage , un fils qu'elle nomma Auguste: jc'est le malheureux père dô famille qui languit depuis peti de mois à Saint-Lô. Sa mère fut enchantée d'avoir un fils , et
(1) Notre pi-emier poêle tragique, qui était fioriHaad.
(2) Ministre- des finances sous Louis XIV, et dont la réputation égala celle de son siècle.
se promit bien d'en faire un marquis ;, qpelque argent que cela pût coùleyç ; en conséquence, elle l'éleva dans les principes les plus opposé^ 4 son étî4t^,^\y|iil^t qu'il rougît de son origine ^ et lui pardonnant à peine de nommer M. Sauvigné son père. Heureusement pour Auguste, que le ciel lui avait donné les vertus de ;s^es pères, et rien des ridicules de sa mère; aussi refusa-t-il d'épouser une parente de madame Sauvigné, et préféra s'unir à la jfille d'un gros négociant, q^i j(,'gs8j0t^ia 4 son commerce. Sa mère j eta feu et flamme, ^t s'empara tellement de resopt <Jç ^oix iéjpoux , qu'elle fit défendre sa porté à son fils. Auguste, toujours respectueux et sfujsij^le, soujfïrit, m^s^e» $j^eçii,,^|^ mauvais procédés de sa mère ; se passa de la fortune de son père, en faisant fruc-
tiîîer celle de sa femme et de son beau--
père par son intelligence et son activité^ et il porta leur maison au premier rang: de celles du commerce de Paris.
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K\x conlraire , madame Saùvigné la ibère ne mit plus de bornes à ses dépenses ; elle consomma en peu d'années', non-seulement toute la fortune de son iriàri,' niais fit pour cent mille francs de dettes au-delà. Cependant rien n'éclata ^qu'à la mort de M. Saùvigné. Son fils, instruit de ce désastre, loin de suivre les conseils de ses amis de renoncer à la sûçf^ cession de son père, fit aussitôt assembler les créanciers, obtint d'eux de vendre sans frais tous les biens; mais comme ils ne suffisaient pas pour payer la totalité des dettes , il fit offrir à sa mère dç S^noncer asés reprises, moyennant unç pension de 4^000 francs sa vie dUrant; ce qu'elle accepta sans vouloir voir son fils. Celui-ci se chargea , moyennant le cour «enîieniènl de sa femme et de son beaupère, de tout ce qui restait du, ne dfmandarit que cinq ans pour s'acquitter I bien sûr que les affaires de sa maison, qui étaient très florissantes , le mettraient à
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même de j^^lir. ^ çnga^ ^içCjjue
ses nombreux enfans , car il en avait six à.cette époque, n'en seraient pas appauvris, redoublant de travail et d'économie pour tout acquitter, en disant : D'aiIIeurs> j'arme mieux qucfmes enfans soient moins riches, que de rougir en entendant nomr mer leur aïeul. Mais, au moment où il S!^ croyait assuré de terminer honorablement cette liquidation, le système vint ruiner ^presqu'entièrement son beau-père, qui en mourut de chagrin. Auguste Saiï^ vigne ,^ d'accord avec sa ver lueuse compagne, a tout sacrifié à l'honneur; il est parvenu à liquider la succession du père de sa fieiome : il a payé en lenli^r le| dettes du sien, laissé un fonds pour ser#r vir le douaire^|de sa mère, et est yenu :s'ensevelir à Saint-Lô, où il vit^^ii prc^?;^ duit du jardin qu'il cultive avec ses trois fils. Ses deux jnies, car il en a perdu, un^ aident leur mère au service de leur méaiage et d'une petite basse^cour : c'est
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ainsi qu'ils se sont décidés à vivre jusqu'à Ja mort de leur mère. Alors ils poiirrorit disposer de 80,000 francs , qui servent de fond pour la rente qu'ils font à leur mère; avec cet argent ils comptent acheter une ferme en Normandie, et rentrer dans le premier état de leurs pères. Voilà, monsieur le comte , ce dont vous pouvez être certain , parce que c'est moi qui ai liquidé les deux successions, et qui âî' placé les 80,000 francs. Rien n'a pu fié*' chir Pinconcevable orgueil de madame Sauvigné la mère, qui n'a jamais voulu voir ni sa bru ni ses petits- enfans ; jél n'ai pu vaincrer là noble fierté dé son fils ^ qui n'a pas voulu accepter, quelques prières ^Uê je lui aie faites, un prêt dë^ 20,000 francs , qui Teussent mis dans' une siliiation moins pénible; il m^a ré-^^" pondu qu'il aimait mieux souffrir que!^^ que temps , et pouvoir, lorsque lé ciel 1^^ permettrait, acheter avec les 80,000 fràncfà^^ qu'il n'aurait pas morcelés, une ferme^
plus considérable 5 qui, en la ïâîëlànt valoir, le ferait vivre commodément avec sa nombreuse famille; que 20,000 francs qu'ils mangeraient à cet instant, rie les rendraient pas heureux, et diminueraient d'un quart leur existence à venir. Je désire , M. le comte, que vous sfoyez sur cela plus heureux que moi, et je jouirai tellement de savoir cette respectable famille hors d'une position si fâcheuse, que je ne serai point jaloux de voir que vôtië ayez mieux réussi que celui qui vous prie d'agréer, M. le comte, les senliméns, etc.
Massolier^ ^^^
îivïues enfans étaient ravis d'adiriîl^âtiôn des vertus de M. Sauvigné. Je parle des trois aînés, car Sophie n'était? pas encoÉ^é en état d'apprécier toute la délicatesse de la conduite de ce respectable père de famille : ils voyaient seulement qu'Augùétè
avait été bien riche, qu'il était devenu
pauvre, et par un retour naturel à tout
fiaàv JOLIE FERME.
âge , et plus encore au leur, ils demandaieut :; JEst-ee qu'il serait possible, papaV que vous pussiez être ruiné ? n
Le Comte. — Oui, mes enfans, personne n^està l'abri de ce malheur; cependant les propriétaires de biens fonciers, surtout en terre, y sont moins exposés que d'autres, s'ils ont de l'ordre, de l'économie, s'ils conservent toujours a leur disposition une somme pour parer aux événemens imprévus; car, même dans la supposition bien douloureuse d'une invasion étrangère , le sol reste : au lieu que ^an§ J^e (ÇQfljmerce et la banque, on peut ^fre ruiné par la faute des autres.
Charles..^ J'aurais bien du chagrin tqxie Mélanie fût aussi pauvremeat vêt^e ^ue mademoiselle Sauvigné, et qu'elle €&suj^t aulant de fatigues.
Le ConUe. — Tu peux être tranquille , je ne crois pas que cela arrive ; mais ce n'e^t pas de nous qu'il s'agit. Je vous ai assemblés ici avec ces estimables amis.
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pour mettre sous vos yeux un plan pour lequel, tout jeune que vous êtes, je veux avoir votre assentiment , parce qu'il intéresse votre fortune à veiiîr. ■ ' * ^
Mêlante. — Eh! mon père, n'êtes-vous pas bien plus en élat que nous-mêmes de juger ce qui convient à nos intérêts? Tout ce que vous ferez sera toujours bien fait^
Le Comte. — Oui; maïs comme il est question de s'exposer a perdre 80,000 fr., jé véiix savoir si vous y consentez.
Edouard. — A tout, mon père, surtout éi c'est pour venir au secours de nos voisins , qui sont si respectables.
Le Comte. — Oui, tu Tas deviné. Voici ^^'^ué^ùiadame de Régevillef '^ moi nous avons projeté, et qui remplira trois objets bienimportans. Vous savez, M. le curé, que nous sommes convenus d'ajouter aux dotations de rHôtel-Dieu, pour chaque établissement , cinquante louis de rente €n blé. Il faut pour cela un fond parfaiteraent'libre , sur lequel cette rente sera
hypothéquée. Je vais donc acheter, au nom de M. Sauvigné, la ferme de Failli, qui me coûtera 120,000 liv-.f je serai censé placer dessus 5o^ooo fr. par privilège, dont l'intérêt payé en nature, suivant le cours , sera partagé entre l'éçoIe et l'hospice. Les 80^000 fr. restant, je les prêle sans intérêt à M. Sauvigné, qui me les remboursera quand sa mère mourra, mais sur une simple reconnaissance, afîa que je sois autorisé à ne point recevoir d'intérêts (1); de sorte que si M. et madame Sauvigné venaient à mourir avant le remboursement, il serait possible que le tuteur des enfans disputât les 80,000 fr*^ 'fflu^e^Xsemble.—Ws ne mourront pas, et s'ils meurent , nous serons encore assez^
1^ >i -j^t'xv v^y .-'
(1) A celle époque il n'étaîl pas permis de tirer d'intérêt, même aux taiïx du roi, c'est-à-dire^ quatre à cinq pour cent pour tout argent non aliéné; et les lois ecclésiastiques étaient très sé-
vères à cet égard.
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riches, même en ayant cbsKîim 20,000 fn de moins.
La comtesse les embrassant, leur témoigna combien elle était satisfaite de les voir partager les nobles sentimens de leur père. |Le comte reprit ; — Ce n'est pas, mes bons amis , le seul sacrifice que vous ayez à faire. Nous avons réglé, votre mère et moi j car ne perdez jamais de vue, mes enfans, que quoique ma femme veuille me renvoyer tout le mérite de ces arrangemens, qu'ils sont dus au moins autant a sa générosité qu'à mon désir d'obliger mes voisins; et que, quoique je sois le maître, aux yeux de la loi, de disposer de ses revenus, je ne me permettrai ja-mais d'employer des sommes considérables sans son aveu,
La Comtesse. — Que vous êtes toujours sûr d'obtenir, parce que nous ne pouvons avoir aucune différence d'opinions, et que nos volontés, comme nos cœurs, sont parfaitem.ent unis. Mais continuez, mon cher
LA JOLIE FERME» 5lf
ami, à expliquer à nos enfans ce que nous avons cru nécessaire pour parvenir au but que nous nous proposons.
Le Comte. — La ferme de Failli consiste en terres labourables, prés, trentesix arpens de bois, dont la coupe, tous les dix-huit ans , suffit pour le chauffage du propriétaire.
Sophie, — Qu'est-ce que cela veut dire, une coupe tous les dix-huit ans ? Il faut donc être dix-huit ans sans se chauffer?
Le Comte, — Les bois taillis, Sophie, ne sont susceptibles d'être coupés pour bois de çUauffage qu'au bout de dix-feuit ans. Celui qui a trente-six arpens de bois, ei? coupe deux tous les ans : ce qui* lui va^lj^ prix moyen, 7 "sf 8o(i francs, tàfrif gros bois, fagot et bourrée. Sur ces deux arpens , il est ordonné par le conservateur de3,forêts, de laisser des baliveaux.
;, Sophie. — Ah! le drôle de nom!
Le Comte. — C'est ainsi que Ton nomme un jeune arbre de dix-huit ou
vingt ans 9 qui ri^ést^pias^iA rejet d'ancienne souche (i). On en laisse plus oti moins/ suivant les coutumes : oix ne peut pas couper les modernes qui ont trente ou quarante ans , et parmi ceux de soixfante, le gouvernement fait encore marquer les arbres dont la beauté et l'élévation peuvent être utiles aux coastructions des vaisseaux, et qu'il paie alors aux propriétaires quand il les fait abattrej. Ces lois ont pour but de conserver les bois.
(i) Pour entendre ce que le comte dit ici, il faut savoir que, lorsqu'on abat un arbre, et qu'on n'ôte pas la souche ou racine, l'annéDr d?ensuîle, cette souche pousse un nombre de rejetons qui forment ces toufifes d'arbres qui s'é*lèvent sur une même racine : c'est là ce qui devient un taillis.
Ce sont les jeunes arbres qui sortent de terre sur leur propre racine, et qui sont venus de semences que l'on nomme baliveaux ; car les bois se resèment d'eux-mêmes; chaque arbre produit une graine qui tombe et germe.
^ui sont une source de richesses toujours renaissantes. Mais nous voilà bien loin de ce que nous disions. Te souviens-tu, Edouard, où j'en étais?
Edouard. — Vous nous parliez delà valeur de la ferme de Failli. Oui, je m'en souviens; mais ce qui est fâcheux, c'est qu'elle est en ruine, et que l'on a été forcé de l'affermer a un fermier voisin, dont le bail a encore deux années à courir. Il faut :auj:npjns 20^000 f pour relever ces bâtimens (i), et autant pour y ïtieûré des ineubles, des bestiaux, et racheter sur jiiedja^^eiyjiigre récolte ; car, sans cela , le propriétaire n'aurait point de fourrage pour les chevaux dont il a besoin pour i:tiltivér s^ terres , et d'autres l>estiaux: tjui lui donnent des engrais pour préparer sa première récolte.
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(i) Ces sommes 4oiYent être au moins dousHies dans cette annee-c^
Charles. — Engrais , c'est ce que ro;a nomme fumier.
Le Comte* — Oui, en général; mais cependant il y a différentes choses qui servent d'engrais, et qui ne sont point du fupaier, tels sont, par exemple, la cendre, la marne, terre blanchâtre qui contient beaucoup de sel; les coquillages; enfin tout ce qui modifie la terre à laquelle on mêle ces engrais, soit pour l'engraisser ou la rendre plus légère, réchauffer celle qui est dans les bas-fonds , et rendre moîiïs brûlante celle des collines : c'est ce choix dés engrais en quoi consiste , en grande partie , la science du cultivateur. Mais, si iiouâ interrompons toujours, nous aurons delà peine à arriver à' la fin du projet. Je vous^ disais donc qu'il fallait 40,000 francs pour que IM. et madame Sauvigné pusséiit exploiter la ferme de Failli. Votre mère m'a offert ses diarnans , mais je n'ai pas cru devoir les accepter : je la priverais du plaisir de les partager entre ses filles. J'ai
4o,ooo fr. de rescriptions des fermes , que je ferai vendre ; elles me rapportaient 2,000 fr. par an, que j'avais destinés, mesenfans, pour vos menus plaisirs. Voulez-vous y renoncer jusqu'à ce que vos voisins puissent vous rembourser? Ce qui ne sera pas avant dix ans , car il leur faudra au moins ce temps pour entrer en paiement.
Tous. — Oui, oui; et qu'avons-nous besoin d'autres jouissances que celles que nous trouvons près de^vous?
Le Comte. —Eli bien! mes e^fa^s, c'est une chose faite : demain j'écris à mon homme d'affaires, et dans quinze jours au plus, j'aurai l'argent nécessaire, et je vous charge^ mes fils, coHJointement avec votre bon ami, de suivre les travaux : plutôt ils seront terminés, plutôt nos voisins seront sortis du triste étal où ils sont.
Uabbé Ralet. — Vous pouvez compter ^ur mon zèle et sur celui de m^§ 4lèves.
Le Comte. — Pour vous, mou cher pasteur, vou^ii'aurezpasîa nipins pénible tâche : c'est cie faire consentir vos paroissiens à accepter cie que je leur offre , qui ne me dérangera en rien 5 et qui nous causera une bien vive satisfaction.
Le Curé. — Je conviens que cela ne sera peut-être pas très facile; mais je leur ferai comprendre , à ce que j'espère, que ce serait s'opposer aux desseins de la Providence, qui veut par eux assurer des secours importans à cette paroisse j qu'eu s'y opposant, ils se priveraient de la participation à ces bonnes œuvres; que la charité leur fait une loi d'y consentirai .fjt que l'orgueil seul pourrait les aveugler sur les intérêts de leurs enfans, qu'ils ne.^ejLi? vent, sans dureté, condamner à languir, peut-être quinze à vingt ans dans la pauvreté , car leur mère n'en a pas plus de cinquante, lorsqu'ils sont à même, par un travail honorable , d'assurer leur existence; j'espère que ces raisons vaincront
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leur opiniâtreté, et que, surtout le cœur de la tà^ère sera touché quand elle verra qu^l ne tient qu'à elle et à son mari de replacer leurs enfans dans l'état où leur famille avait, pendant plusieurs siècles, mérité l'amour et restinie de leurs concitoyens.
La comtesse assura le curé que M. et madame Sauvigné ne résisteraient pas à sa doiice éloquence, et lui demanda de ne pas perdre de temps pour les déterminer à accepter ce qui leur était offert de si bon cœur. Il promit qu'il tenterait, dès le lendemain, de voir M. Sauvigné.
L'abbé ïlal^ï^dit qu'il irait, avec ses élèves, lever le plan de la ferme de Failli; voir-si on pouvait conserver quelque construction; si, au moins, les fondations pouvaient servir. Edouard et Charles furent enchan^^^. Mélanie dit : Moi, je n'aurai donc rien à faire?
La Comtesse. — Pas grand'chpse, celte année ; mais quand il s'agira de meubler
la ferme, remplir les cojffres d§ linge , et faire l|e trousseau de la mère et de ses filles, vous aurez, mes chères amies, assez d'ouvrage. Employez donc cette a^née-ci, toi, Mélanie, à perfectionner tes talens; et toi, Sophie, à commencer à en acquérir; celle qui suivra vous donnera des connaissances différentes, mais fort utiles.
Ainsi, je bénis le ciel, qui a inspiré à votre père un projet qui remplît tout ce que je désire depuis que je suis ici. On revint au château très content les uns des autres. On trouva le couvert mis; on soupa en famille , et après avoir offert eia copimun à Dieu une journée consacrée à la bienfaisance, on se livra à un doux sommeil, que les songes les plus gracieux rendirent sussi calme qu'heureux.