LE VIOLON
Par vocation. (Tout le momie rit.)
LAJULIENNE.
Allons! allons 1 ne perdons pas de temps! Eu place et en avant la ronde!
nosE.
Histoire de la belle Jeanneton...
BAVOLET
Et du chevalier errant.
RONDE. (On danse sur le re/rain.) ROSE.
Un jour Jeann’ton, courant à travers bois, S’mit par mégarde une épin’ dans le doigt.
BAVOLET
Un brave et jeune chevalier errant Passait par là dans ce moment
CHŒUR
Ohé! Marjolaines!
La brigue don, daine Mettez des mitaines Mettez dos mitons La brigue don don !
BAVOLET
Qu’as-tu? qu’as-tu, Jeanneton? réponds-moi.
ROSE
J’ai z’unc grosse épine dans le doigt.
BAVOLET
Avec ma lanc\ mon casque et monarmet Je vais te l’enlever tout dret.
nosE.
Bien oblige, brave et beau chevalier, Vraiment ne‘sais*comment vous remercier.
BAVOLET
Bah! cherche un peu, la belle Jcannelon, N’es-tu pas fille et moi garçon?
CHŒUR
Ohé! Marjolaines, etc...
Donn’-moi, donn’-moi seul’ment un baiser,
Ça suffira, vrai Dieu, pour me payer.
ROSE
La pauvr’ Jeann’ton qu’avait le cœur content Lui en donna tout d’go deux ou trois cents.
BAVOLET
Puis il partit combatlr’ les Sarrazins.
L’histoir’ ne nous dit pas s’il en revint.
ROSE
Mais chacun sait qu’à Jeann’ton avai’;
En partant laissé son portrait!
CHŒUR
Ohé ! Marjolaines Etc
(Après lu ronde, Barolet s'esquive.)
LA JULIENNE
Comment, c’est tout? alors on ne sait pas la fin de l’histoire.
POIROT
Mon Dieu! ça a dû finir comme toutes les histoires. Ils se marièrent... Ils vécurent ho ureux. . .
LA COCARDIÈRE
Et ils eurent beaucoup d’enfants.
(On entend sonner un coup î l'horlogr.'
LA JULIENNE
Hein? déjà la demie de dix heures qui sonne, (second coup.) Hein? (Troisième coup.)
rOIROT.
Trois demies ! Il est dix heures trois demies! (Quatrième coup.) C’est la première fois... (cinquième coup etc.) Oh ! regardez donc là haut. (Tout le monde regarde la pendule — Ba- Tolet, monté sur le balcon, est en train d'avancer l’horloge.) Il avance
la pendule!... Bavolet, ohé!
• . TOUS
Bavolet!
pomoT.
Ce n’est pas du jeu. Veux-tu bien descendre tout de suite.
BAVOLET
Ecoutez, je vous jure qu’ello retarde.
pomoT.
Veux-tu descendre ou je monte? A-t-on jamais vu?... mais il a donc des fourmis dans la tète, (il rit bêtement et tapo sur le rentre de La Cocardière.)
Pauvre Bavolet! (Bavolet est redescendu).
• LA JULIENNE
Écoutez! le pauvre petit, il commence à me faire do la peine; moi je lui sacrifie une demi-heure de gavotte.
POIROT
Ma foi, moi aussi... d’autant plus que ma boucle s’est
cassée, (il montre sa culotte.)
LA JULIENNE, à Bavolet qni revient.
Allons, petit... viens ici, tu vas voir si nous avons du monde nous... il est onze heures moins vingt-cinq. — Eh bien, il est onze heures.
POIROT
Onze heures juste.
LA JULIENNE
Et l’on s’en va !
Ah ! (il embrasse la Julienne et va embrasser Poirot au cou duquel il saute.)
POIROT
Mais t’en a-t-y, des fourmis.
LA JULIENNE
Allons la mariée. (Rose a baisse les yout depuis quelques instants.) Allons passer votre mante! Allez vous préparer, les gens de la noce. (Sortie de tous les invités.)
BAVOLET
Mon parrain... restez... j’ai à vous parler.
LA COCARDIÈRE
A moi?
BAVOLET
Oui... (a Poirot.) Tu peux rester...
ROSE, en s’en allant avec les dnmea*
Je t'assure que moi, je n’étais pas pressée.
LA JULIENNE
C’est bien, mademoiselle, c’est bien : nous causerons de ça la semaine prochaine. M. Bavolet, on va être à
VOUS dans la minute. {La noce rentre dans le cabaret.)
LA COCARDIERE, qui se promène arec agitation.
Qu’est-ce qu’il a à me dire? Oh ! cette petite Rose Miction, c’est un morceau de roi, et ce gamin-là!... Oh! le droit du seigneur! Quel rêve! et quel triomphe ce serait... M. de Richelieu en crèverait de jalousie... Mais le moyen de... Comment faire? Oh! ce serait immense.