REPRISE
Je peint etc. etc.
CHŒUR
Il peint, etc., etc.
POIROT
M’sieu Boucher, à sa manière ;
Vous fait des d’ssus d’portes. Moi,
Je vous fais un’porte entière.
Et plus vit’ que lui, ma foi !
Dir’ que dans F siècle où nous sommes On parle de mossieu Watteau !
Tout ça, ça n’est pas des hommes,
C’est des peintr’ qui n’boiv’ que d’I’eau.
Je peins, etc., etc.
CIIŒUR.
Je peins, etc, etc,
CHŒUR
II peint, etc., etc.
LACOCARDIÈRE.
Un peintre très-célèbre et connu dans tous les
cabarets. Mais qu'est-ce que vous voulez ? les grandes dames ont la manie de ne pas venir visiter les cabarets.
pomoT.
Comment voulez-vous qu’on perce? (changeant sa voix.) Si maintenant, ma charmante, vous voulez bien me prêter votre figure pendant cinq minutes...
ROSE
Certainement, monsieur le peintre... mais c’est bien de l’honneur que...
poirot.
C’est vrai, c’est de l’honneur, mais je vous la fais tout de même.
I.A COCARDIERE, avec d'antres invités préparant nne table au pied
d’un arbre.
Si vous voulez bien monter là-dessus.
ROSE
Là-dessus... pourquoi faire?
BAVOI.ET.
Minute ! qu’est-ce qu’on veut faire à ma femme ?
LA COCARDIÈRE
C’est pour qu’il vous voie mieux.
POIROT
Oui, je travaille qu’en pied.
ROSE
Mais je vais tomber.
N’ayez pas peur, je vous tiendrai.
ROSE
Allons! puisqu’il le faut. (Elle monte sur la tabla.) Là!
POIROT
Attendez... prenez une pose gracieuse, s’il vous plait.
nosE.
Gracieuse... c’est que je no sais pas, moi.
BAVOLET
Reste comme tu es, va, Rose, tu seras charmante !
FOIROT.
Levez le bras droit comme ça. (Rose obéît.) Reculez la jambe gauche comme ça. (puisant un geste à la Cocardière, bas.) A vons la jarretière !
JULIENNE
Quelle est mignonne ! V'ia un petit homme qui n’est pas à plaindre.
Rose renvoie virement sa jambe en arrière et donne un conp de pied dans la tète de La Cocardière qui a' était déjà glissé sous la table pour enlever la jarretière.
LA COCARDIÈRE
Aïe!
ROSE
Ah ! mon Dieu ! J’ai fait du mal à quelqu’un.
POIROT, faisant signe à La Cocardière de ne pas bouger.
Non, c’est à l’arbre, derrière... ne vous inquiétez pas... Pointez un peu le pied droit. C’est ça... no bougez plus maintenant, je commence.
BAVOLET
Qu’elle est jolie comme ça !
La Cocardière est sorti do dessous 1a table et s'approche de la jambe de Rose, en passant derrière l’arbre.
ROSE
Ah! mon Dieu... monsieur le peintre!
POIROT
Qu’est-ce qu’il y a?
ROSE
Ca me gratte à la jambe gauche.
POIROT
Ne bougez pas !
ROSE
Oh! si! ça me chatouille trop!...
POIROT
Ne bougez pas, que je vous dis!
ROSE, jette un petit cri.,
Àh ! (Elle saute de la table et tombe dans les bras de Bavolet.)
LA COCARDIERE, qui a enfin réussi à enlever la jarritière, se redresse en renverrant la table. Bousculade générale.
Je l’ai! Victoire!... j’ai la jarretière de la mariée!
POIROT
Enfin, ça n’est pas sans peine! (li jette au vent son déguisement et saute de joie.) Tra deri, dera, deri dora.
- ROSE, descendant.
Poirot... c’était Poirot !
POIROT
Lui-même... Comment truffez-vous que je me truffe?
On distribue aux hommes des morceaux de la jarretière qu'ils mettent à leur boutonnière. >
JULIENNE
Ah qu’il est drôle cet animal là.
Ah c’est une bonne farce.
LA COCARDIÈRE
Seulement, j’ai l’œil en compote... ça me fait une gifle et un coup de pied, (a part.) Mais quelle jambé! c’est immense.
POIROT
Bah ! il n’y a pas de roses sans épines et de jarretières sans ardillons (a Rose.) Sans compter, belle Rose,
que j’avais commencé à vous dessiner et quo <;a venait...
Regardez plutôt. (il montre un nez énorme . )
ROSE
Oh ! l’horreur!
roinoT.
Comment? mais c’est son nez.
B A. VOLET
Non, c’est le tien.
poirot.
Ah bien! je me serai trompé. Ecoutez donc, pour un homme qui n’a été que dixdiuit ans à l’école.
LA JULIENNE
Allons, allons! ne perdons pas de temps! En place pour le rigodon !
TOUS
En place !
rOinOT, à an musicien.
Le rigodon ! Permettez, vous me mettez votre clarinette dans l’œil.