‹ La jolie parfumeuseChapitre 42 sur 53 · ANNETTE · texte numérisé non relu

ANNETTE

Mais non, c’est le voisinage Qui vient vous féliciter.

CHŒUR

La matinée est fort belle.

Et madame, où donc est-elle?

Eh! bonjour, joli mari,

Comment avez vous dormi?

BAVOLET, bourru.

Ah ! que le diable vous emporte !

Je vous le dis du fond du cœur !

JULIENNE

Pour nous répondre de la sorte 11 faut qu’il soit d’ mauvaise humeur !

CHŒUR

D’où peut venir son ennui?

JULIENNE

Ma foi! demandez-le-lui...

CHŒUR

Demandons-lui !

RONDEAU , en chœur»

Soyez donc bon homme,

Et dit’-nous, voisin,

D’où peut bien, en somme,

• Venir vot’ chagrin?

Est-e’ que votre femme,

Dans l’intimité,

De votre belle âme A démérité ?

Le soir de la noce Eûtes-vous des mots ?

Avait-elle un’ bosse Au milieu du dos ?

Ou, dans les ténèbres.

Vous aurait-on fait Des farces funèbres,

Pauvre Bavolet?

Ne s’rait-c’ pas, peut-être,

Quelques mauvais gas Quis’raient venus mettre De l’eau dans vos draps?

A-t-on, par malice,

Tiré, tout’ la nuit,

Des feux d’artifice Autour do votre lit ?

Soyez donc bon homme,

Et dit’-nous, voisin,

D’où peut bien, en somme,

Venir vot’ chagrin ?

(Bardot, qui s'est peu à peu impatienté pendant ic chœur, va prendre un balai dans le coin de l'escalier et se met à poursuirre la bande.)

Allons, décampez d’là!...

Et plus vit’ que ça !

(Tout le monde se sauvo. — Bavelet seul, tombant assis au piod de l’escalier).

Il ne me manquait plus que leur charivari I Voyons, est-ce que tout ça n’est pas un rêve? Oh! non!... Rose n’est rentrée qu’après moi, à sept heures du ma-

tin... Je l’ai entendue... elle s’est enfermée dans la chambre d’à côté, où elle dort encore, sans doute. Qu’at-elle fait toute cette nuit, la misérable ? (se mettant la main devant les yeux.) Et qu’ai-je fait moi-même? Mon Dieu ! que j’ai mal à la tète !... Ah ! l'explication va être terrible !... Ah ! Poirot ! mon bon Poirot !

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