ANNETTE
Mais non, c’est le voisinage Qui vient vous féliciter.
CHŒUR
La matinée est fort belle.
Et madame, où donc est-elle?
Eh! bonjour, joli mari,
Comment avez vous dormi?
BAVOLET, bourru.
Ah ! que le diable vous emporte !
Je vous le dis du fond du cœur !
JULIENNE
Pour nous répondre de la sorte 11 faut qu’il soit d’ mauvaise humeur !
CHŒUR
D’où peut venir son ennui?
JULIENNE
Ma foi! demandez-le-lui...
CHŒUR
Demandons-lui !
RONDEAU , en chœur»
Soyez donc bon homme,
Et dit’-nous, voisin,
D’où peut bien, en somme,
• Venir vot’ chagrin?
Est-e’ que votre femme,
Dans l’intimité,
De votre belle âme A démérité ?
Le soir de la noce Eûtes-vous des mots ?
Avait-elle un’ bosse Au milieu du dos ?
Ou, dans les ténèbres.
Vous aurait-on fait Des farces funèbres,
Pauvre Bavolet?
Ne s’rait-c’ pas, peut-être,
Quelques mauvais gas Quis’raient venus mettre De l’eau dans vos draps?
A-t-on, par malice,
Tiré, tout’ la nuit,
Des feux d’artifice Autour do votre lit ?
Soyez donc bon homme,
Et dit’-nous, voisin,
D’où peut bien, en somme,
Venir vot’ chagrin ?
(Bardot, qui s'est peu à peu impatienté pendant ic chœur, va prendre un balai dans le coin de l'escalier et se met à poursuirre la bande.)
Allons, décampez d’là!...
Et plus vit’ que ça !
(Tout le monde se sauvo. — Bavelet seul, tombant assis au piod de l’escalier).
Il ne me manquait plus que leur charivari I Voyons, est-ce que tout ça n’est pas un rêve? Oh! non!... Rose n’est rentrée qu’après moi, à sept heures du ma-
tin... Je l’ai entendue... elle s’est enfermée dans la chambre d’à côté, où elle dort encore, sans doute. Qu’at-elle fait toute cette nuit, la misérable ? (se mettant la main devant les yeux.) Et qu’ai-je fait moi-même? Mon Dieu ! que j’ai mal à la tète !... Ah ! l'explication va être terrible !... Ah ! Poirot ! mon bon Poirot !