‹ La jolie parfumeuseChapitre 48 sur 53 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ROSE, B A VOLET. Il parait au fond très'agité. DUO.

BAVOLET A part.

A nous deux, ma femme !

ROSE A port.

A nous deux !

Pourriez-vous me dire madame, Où vous avez passé la nuit?

ROSE

Et vous, pouvez-vous me dire sans honte C’que vous avez fait d’puis minuit?

BA VOLET, troublé.

Moi, j’ n’ai pas à vous rend’ de compte...

J’ vous l’ dirai... quand vous m’ l’aurez dit.

ROSE

Votre silenc’suffit pour vous confondre.,.

BAVOLET, croisant les bras.

Moi, vol’ mari, j’ vous ordonne de répondre...

ROSE, de même.

Et moi, vot’ femm’, j’m’y r’ fuse absolument !

BAVOLET

Absolument ?

Complètement !

BAVOLET

Complètement 1

BAVOLET, à part.

V’ià qu'je m’ emporte encor ?

C’est bête.

Quand on n’a pas la conscience nette,

Il ne faut pas crier si fort !

(Haut doucement). Rose ! Rose!

Il fut un temps où tu m’aimais.

ROSE

11 fut un temps où je l’aimais.

BAVO LET.

Ce temps a-t-il fui pour jamais?

ROSE

Ce temps n’a pas fui pour jamais.

BAVOLET

Nous rêvions amours éternelles Pour nos cœurs tendres et fidèles.

Ce souvenir Peut révenir...

Ouvre ton cœur et tout est dit.

Où donc as-tu passé la nuit ?

ROSE

^ Tu parles-là d’un temps bien doux.

BAVOLET

Oh ! oui, c’était un temps bien doux I

ROSE

Y’avait pas d’ secrets entre nous.

BAVOLET

Y’avait pas d’ secrets entre nous .

ROSE

Pas de soupçon, de réticence,

On avait pleine confiance.

Ce souvenir Peut revenir...

Ouvre ton cœur... et tout est dit,

Où donc as-tu passé la nuit?

BAVOLET, hors de lui.

Ah ! c’est trop fort, rien ne la touche,

Pas un mot ne sort de sa bouche !...

Au lieu de m’ demander pardon Petit’ malheureus’ 1 (La menaçant).

ROSE, le déliant.

Battez-moi donc ?

BAVOLET, s’arrêtant.

Non! non ! se batt’, c’est bon pour le vulgaire 1...

ROSE

Alors, pourquoi tous ces cris superflus?

BAVOLET

Je sais ce qui me reste à faire...

Rose l vous ne me verrez plus !

ROSE

Tant mieux 1 je n’vous entendrai plus !

BAVOLET

Adieu ! vous ne me verrez plus !

rose .

Je n’vous entendrai plus !

ENSEMBLE

BAVOI.ET.

Ah ! c’est affreux! ah ! c’est infâme !

V’ià donc c’quc c’est qu’l 'amour d’un’ femme ! Adieu bonheur, rêves perdus !

Adieu, Ros’ , vous n’me verrez plus !

ROSE

Ah ! c’est affreux! ah ! c’est infâme!

On n’doit pas sonpçonner sa femme!

C’est lui qui d’vrait être confus!

Qu’il parte, je n’ le verrai plus !

BAVOLET

Adieu, Ilose ! (lise dirigo vers la porte, nu moment do la franchir, il sa retourne).

Hose... où donc as-tu passé la nuit?

ROSE

On n’ doit pas soupçonner sa femme !

G’est infâme !

BAVOLET

Adieu !

ROSE

C’est dit ! (Bavolet sort en courant).

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