SCÈNE VU
HOSE, puis LA COCARDIÈRE.
ROSE
Eh bien ! qu’il s’en aille ! C’est trop d’entêtement aussi.
LA JOLIE PARFUMEUSE. 9o
Oh !... quand je pense que tout cela c’est la faute de ce monstre de La Cocardière !
I.A COCARDIÈRE descendant l’escalier, il tient entre ses liras quatre flacons de parfums débouchés.
Bichette! Us sont comme glace, on peut les livrer à madame la marquise (mettant un cinqueème dans sa pochp) A part). Ça... c’est de de l'eau du serpent pour la teinture... ça peut servir.
ROSE
Venez ici, vous ! Vous savez ce qui se passe ?
LA COCARDIÈRE
Non, mais tu vas me le dire. — Laisse-moi d’abord déposer ces flacons. Que ce patchouli sent fort!...
ROSE s'arrêtant.
11 se passe que mon mari sait tout.
LA COCARDIÈRE
Ciel!
Que lui et elle vous cherchent pour vous tuer !
LA COCARDIÈRE
Hein!
ROSE
Que madame Clorinde sait tout.
LA COCARDIÈRE
Ah ! mon Dieu!
ROSE
Et que moi je n’ai plus qu’à fuir avec vous, bien en tendu ! x
LA COCARDIÈRE
Avec moi.
ROSE
Nous irons loin , bien loin de la France, établir une parfumerie chez les sauvages, s’il le faut !
LA COCARDIÈRE
C’est que je vais le dire, bichette, en dehors de la parfumerie, j’ai des affaires ici,... Satané patchouli !
Vous hésitez ? Il hésite ! — Après avoir poussé une faible femme dans l’abîme, il refuse de l’en tirer!
LA COCARDIÈRE
Non ! je ne refuse pas, mais... (il essaie de repousser le patchouli).
ROSE
Heureusemeut que la vengeance ne se fera pas attendre. J’aperçois madame Clorinde.
LA COCARDIÈRE
Sapristi! où me cacher?
ROSE.1
Oh ! la fureur éclate dans ses yeux !
LA COCARDIÈRE se cachant sous l’escalier.
Bichette ! au nom de notre amour, serre-moi quoique pqrt !...
ROSE
Pas par-là ! (n sort de dessous l'escalier et veut le monter). Pas là non plus ! ( il Ta au comptoir.)
LA COCARDIÈRE
Mais où alors, où ?
ROSE
Tenez là ! l’armoire ! (Elle le fait entrer dans l’armoire.)
LA COCARDIÈRE r’ouvrant.
Rose ! reprends le patchouli !... Il me rend fou!
ROSE refermant.
Trop tard ! voici Clorinde !
SCNE VIII
ROSE, CLORINDE, LA COCARDIÈRE, dans l’armoire,
Clorinde rentre).
ROSE (lui faisant signe quo La Cocardière est dans l'armoiro).
Mes hommages, madame. Que dois-je vous servir?
CLORINDE qui a compris aYec uno yiolonco affectée.
Ce qu’il faut que tu me serves?
Couplet.
Ce qu’il faut me servir C’est mon amant, ma chère,
Ce bon La Cocardière,
Allez me le quérir.
Ah ! femme vertueuse,
Candide et doucereuse,
Aux yeux baissés, au doux maintien !
Moi, jamais je ne guette,
Vos amants de guinguette,
Pourquoi me prenez-vous le mien ?
Ce qu’il me faut servir,
Etc., etc.
nose.
Je ne sais ce que vous voulez dire... Mais M. La Cocardière n’est pas ici, madame.
CLORINDE
Tu mens 1 je l’ai vu ! Tu me le caches parce que tu es sa complice ; mais il no niera pas le flagrant délit cette fois... Tiens ce gros diamant que tu as au doigt et qu’il
t’a passé lui-môme... (Elle le retire de son doigt et veut le passer à celui do Rose qui le refuse). 11 est ici, te dis-je, et je te somme de me le livrer.
ROSE
Fouillez partout, madame, et vous verrez si je vous trompe !
Soit ! je fouillerai... Quelle est cette chambre?
ROSE
C’est l’arrière-boutique.