‹ La jonchée nouvelleChapitre 8 sur 15 · NOS POETES · texte numérisé non relu

NOS POETES

Les fêtes eucharistiques qui se préparent out inspiré joliment deux de nos jeunes poètes les mieux doués : M. Louis- Joseph Doucet et M.

Albert Ferland.

Tous deux viennent de publier des vers charmants à la gloire de Jésus Hostie.

M. Doucet qui a intitulé son poème : "Pro arset focis", y chante avec son ardente foi de fils des champs, une hymne d'adoration et de prière, dont le court extrait que nous avons publié samedi dernier, peut donner une idée. On \ retrouve la note d'émotion et de mysticisme qui caractérise le talent si vrai de Doucet, avec quelque cho.se de plus élevé, de plus dégagé de la terre, qui fait songer à un parfum de myrrhe, s'il se peut. A la suite de l'Ode au Christ, on peut lire "La cloche du vieux collège, souvenir ému que le poète a consacré à son aima Mater, et qu'il a dit, avec un

beau succès, lors des fêtes du collège de Joliette, en juin dernier.

Cloche égrenant encore au tournant de la route Ton appel argentin au passant qui s'émeut, Notre cœur se souvient et notre oreille écoute Tes échos attendris qui montent au ciel bleu. Mêlant ton harmonie à nos heures lointaines Nos fronts se sont tournés vers ton dôme béni : L'hymne de Carillon, A la Claire Fontaine, Ont mis au fond des cœurs un frisson d'infini !

M. Albert Ferland, nous donne, lui le quatrième livre du ' 'Canada Chanté". Et ce livre est entièrement consacré à l'Eucharistie ainsi que l'indique son titre : "La Fête du Christ à Ville Marie". C'est de l'harmonie la plus pure, mise au service d'une pensée toute de foi et de patriotisme. M. Ferland confond dans un même amour sa religion et sa patrie, et toutes deux, il les chante avec le talent que ses œuvres précédentes ont déjà révélé. Nous publions aujourd'hui, l'une

des plus émouvantes pièces du recueil : "L'hymne du retour à Dieu."

Il est singulièrement consolant, en ces temps où de si cruels et multiples assauts sont livrés à la Foi de nos pères, de retrouver si vivace et si belle en ses manifestations cette même foi au cœur de ceux qui sont "la promesse des moissons à venir."

Un autre poète de la jeune phalange. M. Enblebert Gallèse (Lionel Léveillé) va tout prochainement aussi publier un recueil de vers qui s'appellera, .si je suis bien informée "Les Cheminsde l'Ame". C'est une nouvelle qui réjouira les nombreux admirateurs de M. Enblebert Gallèse qui, pour avoir peu produit encore n'en est pas moins l' un des membres les plus brillants de notre

Ecole Littéraire.

COLETTE

La Presse, j seplerudre /çio.

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LES ARTS et L'EUCHARISTIE

Le Congrès Eucharistique a inspiré toute une éclosion d'art et de poésie. En première ligne l'architecture a su orner magnifiquement le chemin que doit parcourir, dans notre ville, le haut dignitaire esclésiastique, venu de Rome.

La sculpture, pour décorer les arches et les reposoirs semés sur cette route sacrée, momentanément anobli la manière périssable en y figeant les traits vénérés des saints du paradis ; la peinture inspirée à fait descendre du ciel sur la toile les rayons du soleil et les rajons de la foi ; la musique à mêlé ses suaves harmonies à la silencieuse harmonie de la prière qui monte aux oreilles des anges. La divine poésie ne pouvait manquer de célébrer dans la langue des dieux, cette fête da la Sainte Victime : elle ne pouvait manquer de joindre l'enthousiasme de ses inspirations à l'enthousiasme des foules recuillies, et de faire planer sur les fronts prosternés des croyants les

strophes ailées qui disent la faveur de tout un peuple et qui emportent l'écho de sa prière au pied du Crucifix.

"Ode au Christ" par M. Louis-Joseph Doucet, l'auteur de deux livre déjà célèbres : "La Chanson du Passant," et la "Jonchée Nouvelle" consacre en des pages lyriques l' inouï )lia1)le fête qui attire sur notre ville les regards du monde chrétien. "Ode au Christ" est un cri de l'âme, un chant d'extase dont le rythme large et généreux célèbre les conquêtes de la croix sur les sombres forêts du nouveau monde et résume, dans la majesté de son souffle, les ferveurs d'un peuples de croyants.

"La Fête du Chri.st à Villeraarie" par Albert Ferland est une prière empreinte d'un pur mysticisme dont la blancheur est un reflet de la blanche Hostie qui l'a inspirée.

Les pèlerins qui accoureront à Montréal saluer le représentant du souverain pontife, ne manqueront pas d'apporter, en souvenir de la sainte semaine, ces deux tributs de la poésie canadienne-française à la foi catholique.

La Patrie, j septembre içio.

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