‹ La jongleuseChapitre 15 sur 71 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

sur les genoux de la Fleur-des-Neiges est plus beau que le nénuphar blanc des grandes eaux.

)) Le lac où se mirent la folle avoine et les roseaux du rivage est moins limpide que ses yeux, et son regard est plus brillant que rétoile du soir.

)) Ses lèvres sont deux grappes de fraises mûres et ses dents sont des flocons de neige.

)) Les lianes au printemps sont moins flexibles que sa chevelure.

)) Aussi, quand la Fleur-des-Neiges contemple le jeune visage pâle, le sourire est-il sur ses lèvres et ses yeux sont-ils pleins de larmes de tendresse.

» La Fleur-des-Neiges serait-elle donc aujourd'hui lasse de la vie de son enfant ?

» Ne sait-elle pas que pour évoquer celle que la jeune oreille du Mirage-au-Lac a entendue et que

ses yeux ont vue, il suffit de prononcer son nom ?

— Oh ! s'il n'y a que cela à craindre, reprit Mme Houel en souriant, tu peux parler ; la Dame aux Glaïeuls n'est pas un esprit pour entendre du fond des bois la voix de la Grande- Couleuvre, quand ses paroles parviennent à peine à l'oreille de la Fleur-des-Neiges .

— Puisque ma sœur le demande, ; reprit l'indien, la Grande-Couleuvre parlera, mais si ses paroles évoquent \ la Matshi Skouéou, la Fleur-des- ' Neiges ne pourra s'en prendre qu'à elle seule.

— La fille des visages pâles ne craint rien ; son cœur est fort comme celui du Tshinépick' !

— Quand la Fleur-des-Neiges sau-

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