‹ La jongleuseChapitre 30 sur 71 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

intellectuelle, ils paraissent encore jouir d'une constitution plus robuste.

Mais, quels que fussent les avantages personnels des deux rameurs, ils étaient trop inférieurs en nombre pour pouvoir, ce semble, lutter longtemps avec chance d'échapper.

Et puis, une balle perdue pouvait, d'un moment à l'autre, casser un bras, ou fendre un aviron.

Cependant ces dangers siimminents ne faisaient rien perdre au Canotier de son admirable sang-froid, et paraissaient n'avoir d'autre effet que de délier sa langue.

«■ — Il faut montrer à ces chiens d'Iroquois que nous nous connaissons en écorce de bouleau, Tshinépik'.

)) Je ne nie pas qu'ils possèdent quelque habileté à fabriqueruncanot;

mais ils ne savent pas comme nous choisir la véritable écorce.

Et puis, ont-il jamais eu le tour de relever avec grâce les deux pinces d'un canot de manière à lui donner cette forme svelte qui prête aux nôtres un air si coquet quand ils dansent sur la lame ?

)) Ah! je reconnaîtrais un des miens parmi toute une flotte de canots iroquois.

» Ne me parlez pas non plus d'un canot mal gommé ; il faut pour qu'il glisse bien sur l'eau que l'enduit de gomme soit posé avec tant de soin que les flancs soient polis et glacés comme la lame d'un rasoir.

» Alors ce n'est plus un canot, c'est une plume, c'est une aile d'oiseau qui nage dans l'air ; c'est un nuage chassé par l'ouragan ; c'est quelque chose d'aérien, d'ailé, qui vole sur l'eau comme... comme nous maintenant.

Page 1