‹ La jongleuseChapitre 36 sur 71 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Taffaire d'un instant ; mais son coup porta dans le vide, et fit seulement jaillir une poussière d'eau.

Le cri d'un pirouys (1) se fit alors entendre, etle Canotier, reconnaissant le signal convenu avec le sauvage, tourna son canot dans la direction d'où venait le cri, et un instant après le Tshinépik' triomphant embarquait habilement dans la légère nacelle, tenant d'une main un aviron.

Avec cette présence d'esprit qui distingue si éminemment les sauvages, et qu'ils conservent au milieu des plus grands dangers, l'indien, pendant le combat, avait arraché des mains d'un Iroquois cet aviron dont ils avaient absolument besoin pour leur fuite.

(1) Espèce de gibier connu aussi sous le nom de chevalier. Le surnom de pirouys, que lui donnent les chasseurs, est une imitation de son cri.

Pendant que l'autre canot iroquois se hâtait de venir au secours des naufragés que le tomahawk du Tshinépik' n'avait pu atteindre, les fugitifs profitèrent de l'obscurité profonde que faisaient alors d'épais nuages qui se roulaient pesamment dans le ciel, et gagnèrent le rivage sans que leurs ennemis eussent pu remarquer la direction qu'ils avaient prise.

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