DEUXIÈME PARTIE
» Un autre sauvage, au-dessous de lui, saisit alors une des cordes, et la raidissant, il en fit faire un tour sur le tronc d'un arbre voisin, pendant que son compagnon faisait plier la branche par la pesanteur de son corps.
» Il suffisait d'un léger effort pour empêcher la corde ainsi enroulée autour de l'arbre de glisser et de laisser échapper la branche.
» Plein d'anxiété et tout tremblant, je suivais de l'œil ces préparatifs sans en pouvoir comprendre le but.
» L'indien s'approcha de moi, me mit entre les mains l'extrémité de la corde roulée autour de l'arbre, et m'ordonna de ne pas la lâcher.
» L'autre Iroquois descendit alors de son arbre, et, après avoir entraîné ma mère sous la branche pliée, il se mit en devoir de lui attacher l'autre courroie autour du cou...
» Un cri d'épouvante et de déses-
poir s'échappa de ma poitrine, et je lâchai la corde.
)) Je venais de comprendre leur horrible dessein !
)) Mon Dieu ! être moi-même l'assassin de ma mère !
» Ecumant de rage, un des Iroquois me lança sa hache, qui malheureusement ne fit que m'ensanglanter la tête en effleurant la peau du crâne, et resta enfoncée dans l'arbre.
» Me croyant blessé à mort, ma mère s'arrache des mains de son bourreau et se précipite vers moi.
— Harold! s'écrie-t-elle d'une voix étouffée.
— Maman !... ce n'est rien !
)) Et je fonds en larmes.
» Elle saisit ma tête entre ses deux mains et presse ses lèvres sur mon front couvert de sang.