DEUXIÈME PARTIE
de terminer alors ma malheureuse existence ?
» Je n'aurais pas été condamné à souffrir à la fois toutes les agonies sans mourir.
» — Maman ! maman! «m'écriai-je en me rejetant dans ses bras, pendant que le sauvage irrité levait son tomahawk pour en asséner un coup sur ma tête ; ^^ maman! qu'il me tue, )) s'il le veut: j'aime mieux mourir » que de vous faire souffrir )).
» Pendant tout ce temps, celle que j'aimais, heureuse de voir se tourner contre elle la fureur de nos ennemis, était demeurée immxobile, prête à subir tous les tourments.
» Elle se pencha au-dessus de moi, afin de me couvrir de son corps.
)) Le sauvage brandissait son arme pour frapper, quand une main le retint.
)) Etait-ce celle de la Jongleuse ?...
)) Hélas ! loin d'être inspiré par la pitié, ce mouvement ne provenait que d'une féroce pensée.
)) Je ne m'en aperçus que trop quelques instants plus tard.
)) L'horreur que je montrai à l'idée d'être moi-même l'auteur du supplice de ma mère, fut un éclair qui parut révéler à la férocité sauvage un raffinement de cruauté diabolique.
» L'indien jeta de côté son tomahawk, m'arracha violemment des bras de ma mère, et me lia à un arbre.
» Ensuite, agissant toujours sous l'inspiration de la Jongleuse, il monta sur un de ces gros pins que vous voyez encore ici, et se laissa glisser le long d'une des branches, à l'extrémité de laquelle il attacha deux longues courroies qu'il tenait entre ses mains.