‹ La jongleuseChapitre 62 sur 71 · L'ORPHELIN · texte numérisé non relu

L'ORPHELIN

» En m'éveillant de mon long évanouissement, j'étais étendu sur un

lit de branches de sapin, au milieu d'une forêt d'érables.

^) Un jour pâle filtrait à travers le treillis du feuillage, et de gros nuages sombres, entrevus par une échappée des arbres dans un pan du ciel, distillaient une pluie froide.

)> Qu'elles étaient tristes ces nombreuses gouttes de pluie qui tombaient, avec un petit bruit monotone, sur chaque feuille rougie, et tremblaient à leur pointe en larmes de sang qui dégouttaient j usqu'à terre !

>y Et cependant il y avait encore plus de tristesse et de larmes dans mon cœur.

- Hélas ! pourquoi me suis-je éveillé de cette longue insensibilité ?

)) Je dormirais en paix mon sommeil au fond de la tombe, à côté de celle que je ne re verrai plus !

)) Depuis ce jour néfaste, le soleil intérieur s'est voilé pour jamais.

)) Le ressac des années, en se bri-

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