DEUXIÈME PARTIE
» Je le crus sans vie.
» Pauvre petite fleur à peine détachée de la tige maternelle, et déjà mûre pour la mort !
» Je demeurai attéré, comme frappé par la foudre.
)) Après avoir coupé les cordes, j'étendis les deux cadavres l'un à côté de l'autre, l'enfant à côté de sa mère !
» Je remarquai alors avec épouvante que les cheveux de l'enfant, dont les boucles luisaient naguère d'un si beau noir, étaient devenus entièrement blancs !
» Etait-il donc mort de frayeur plutôt que de ses blessures ? Je croisai ses deux bras inertes sur sa poitrine, et après avoir entouré son cou d'un des bras de Mme Houel, j'appuyai sa figure, pâle et blanche comme l'ivoire, sur le cœur de sa mère.
» Vous avez veillé sur lui dans la vie, ô mère tendre et infortunée, veillez encore sur lui dans la mort !
)) Avant de songer à confier à la terre ces restes inanimés, je me souvins que plusieurs des Iroquois n'avaient été que blessés ; et, afin de me rassurer, j'allumai un flambeau d'écorce, et j'allai les examiner attentivement.
)) Tous étaient morts, à l'exception de deux qui respiraient à peine et n'avaient plus que quelques heures à vivre.
» Mais le principal auteur de tant de crimes et de désastres n'était pas au nombre des victimes.
)) La Jongleuse avait disparu !
» Etait-ce elle qui, blessée par une de mes balles, s'était enfuie vers le bois ?
» Je suivis pendant quelque temps