DEUXIÈME PARTIE
des traces de sang à travers la forêt, mais bientôt tout vestige disparut, et ii me fallut abandonner une poursuite inutile.
» De retour au lieu de la catastrophe, je m'aperçus que la blessure de Tenfant n'était que légère, et qu'il respirait encore.
» Je lui prodiguai alors tous les soins dont j'étais capable ; mais il ne revint à la vie et au sentiment de l'existence que plusieurs heures plus tard.
» Ce fut dans cet intervalle que je le transportai sous l'abri de l'érablière voisine, après avoir creusé la tombe de son infortunée mère.
)) C'est ici même, sous ce tertre, qu'elle repose, et le but de notre voyage, longtemps retardé par l'absence de monsieur Houel de la colonie, est de ramener sa dépouille et
de la réunir aux cendres de sa famille «.
Le soir du même jour, le brave habitant, seul auprès du rocher, se tenait debout, appuyé sur une bêche, à quelques pas d'un monceau de terre fraîchement remuée, et regardait d'un œil pensif un canot qui se détachait lentement de la plage.
C'était le fils de Mme Houel, accompagné du fidèle Canotier, qui emportait la dépouille sacrée de sa mère.
Les deux voyageurs jetèrent de la main un dernier signe d'adieu à leur hôte, auquel celui-ci répondit en essuyant du revers de sa rude main une larme qui glissait malgré lui sur sa joue.
Ses regards émus suivirent le canot sans s'en détacher un instant jus-