L.\ SITUATION EN BELGIQUE EN
comme ceux de France le considéraient comme nécessaire, comme inévitable. Proposait-on de réduire la durée du travail, ne fùt-ce que pour les jeunes enfants ? Aussitôt des protestations se faisaient entendre, et bon nombre de patrons déclaraient qu’une telle exigence était impraticable et dangereuse. « Une pareille mesure aurait pour effet, écrit le directeur d'une filature de Gand, de rendre impossible l’emploi des enfants dans l’établissement. » Une loi conçue dans l’esprit qui semble avoir dicté les questions adressées aux industriels, explique le mémoire du charbonnage de Lodelinsart, serait chez nous « inopportune et funeste, non seulement pour les exploitants, mais aussi pour les ouvriers jeunes ou vieux, ainsi que pour leurs familles. Celles-ci accueilleraient du . reste avec assez peu de laveur de prétendues améliorations morales, toutes de théorie, toutes d’avenir éloigné, qu’elles devraient payer par la réduction forcée immédiate, continue, des salaires et de leurs moyens d’existence » (1).
Après des expériences qui se sont renouvelées pendant plus d’un demi-siècle, et qui ont démontré que la protection du travailleur, et spécialement la limitation de la durée du travail des femmes et des enfants, n’était pas une entrave à la prospérité de
sont employés dans la fabrique n’étant pas fatigant, la durée du travail n’est pas trop forte. » Ibid. : Fabrique de papier de Gand, t. I, p. ix.