CHAPITRE IV
La Situation en Belgique en 1848.
Les journées de 45 et 16 heures pour tous. — La mortalité comparée des centres manufacturiers et ruraux. — Résultats intellectuels et moraux de l’excès de la durée du travail. — La prétendue impossibilité de réduire la journée.
rapport des mœurs. Si Ton instituait partout des écoles dominicales, les enfants des fabriques pourraient les fréquenter facilement et avec beaucoup d’avantages, mais le nombre des jours fériés de l’année, fussent-ils même utilement employés, est trop restreint pour oser espérer que ces enfants puissent recevoir une éducation morale et intellectuelle en rapport avec les besoins moraux de l’ouvrier futur » (1).
La Commission médicale du Hainaut, après avoir fait un tableau saisissant du labeur excessif imposé aux ouvriers mineurs de cette région, ajoute : « Doit-on s’étonner, d’après cela, de voir nos Borains sortir de la fosse comme des morts sortiraient du tombeau, et se livrer d’abord, dans le premier cabaret venu, à la satisfaction d’un besoin trop longtemps comprimé, et qui, pour cela même, dégénère bientôt en un excès aussi nuisible que la longue abstinence qu’ils ont supportée ? » (2).
Le mal était immense, presque tout le monde le reconnaissait (3) ; mais les industriels de Belgique
1- — Ibid. Rapport fait à l’Académie royale de médecine de Belgique sur l’état physique et moral des enfants employés dans les manufactures, usines et mines de la Belgique. — M. Burggraeve, rapporteur, t. II, p. 332.