Loc. cit„ p
2. — Annuaire statistique de la Ville de Paris, 1895. — D’après M. Léon Audray {L'Employé, brochure de V Action Populaire, Lecoffre, édit.), dans l’industrie du bâtiment et dans la métallurgie, la mortalité annuelle des personnes âgées de 20 à 39 ans représente 29,87 ®/„ et 32 ®/, des décès annuels (patrons et ouvriers) de ces professions. Les chiffres sont sensiblement plus élevés pour le commerce :
Caissiers, comptables .... 39.69 ®/o
Cuisiniers i8.59 */,
Bouchers 40.61 */»
Employés de magasin. . . . 14.36 °/
Coiffeurs 43.87 ®/,
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esclave. Inévitablement, le produit de l’activité
« Pourquoi, demande le colonel Barrows, directeur de la Villimantic Thread C“ du Connecticut, à un voyageur anglais, M. D. Piegeon, pourquoi le lil de la Villimantic soulèvera-t-il un plus grand poids d’une masse inerte, et pourquoi est-il plus
lisse que tous les autres ?
« Tous les fabricants peuvent acheter le même coton et les mêmes machines ; d’où vient donc la supériorité de nos produits ? Simplement de ce qu’ils sont l’œuvre d’ouvriers c\ii ont plus de connaissances que tous les autres ouvriers du monde occupés à ce même travail. Ils mettent plus de cerveau dans leur travail que ne le font les autres. Ils sont assez intelligents pour savoir ce que peut l’attention, assez intelligents pour l’employer en conscience, et assez intelligents pour savoir comment l’appliquer de la meilleure manière afin d’en obtenir les meilleurs résultats. Voilà pourquoi nous sommes immédiatement rémunérés du développement de leur savoir. Cette fabrique possède une salle de lecture et une bibliothèque pour améliorer l’intelligence qui améliore le fil, et qui donne à la Villimantic Company l’empire sur le marché ; l’atelier se compose d’un vaste hall de 200 pieds de haut, éclairé par des fenêtres en verres de couleur, et paré, comme pour un jour de fête, de plantes grimpantes, de géraniums, d’arbustes couverts de fleurs le long des murs. Au centre, les jeunes fileuses à leurs métiers n’ont pas les mains sales d’usine, mais elles sont proprement habillées, portant le même tablier de toile blanche, et elles
donnent une impression de grande netteté et de bon goût. Et tout cela parce que, de l’avis du directeur éclairé et même philosophe de cette fabrique — pour employer ses propres paroles — « l’intel- « ligence à laquelle notre fil est redevable de sa « supériorité est autant le résultat de la propreté, « de 1 ordre et de la beauté que de l’instruction « elle-même. »
c‘ Il est certain, dit Schulze Gàvernitz, que si le progrès industriel, aujourd’hui, dépend de la machine, il en résulte la nécessité que le niveau des conditions de la classe ouvTière soit élevé graduellement » (1).
Seule, la diminution des heures de travail permet d’opérer cette transformation progressive. Puisque, depuis un siècle ou deux, l’outillage du commerce et de l’industrie a été complètement modifié, il importe que, même au simple point de vue utilitaire, les agents qui sont chargés de le construire, de le manier et de l’entretenir, se perfectionnent eux aussi pour se maintenir au moins à la hauteur de leur tâche. Les connaissances qui pouvaient suffire à un voiturier du siècle dernier ne sont plus suffisantes à l’automobiliste de l’heure actuelle. Ce qui est évident pour un tel travail, parce qu’il est opéré isolément et sous les yeux de tous, n’est pas moins certain pour le travailleur attaché à nos principales industries ou à nos
l. — Emile N’inck ; La réduction des heures pp. 88 à ‘,K3.
grands magasins. S'il veut être un collaborateur vraiment utile, l’ouvrier doit avoir des connaissances sérieuses de la matière qu'il transforme et de l’outillage dont il se sert, l’employé doit savoir dans toutes ses particularités les modes de fabrication des objets qu’il vend, et les besoins de la clientèle à laquelle il s’adresse.
En dehors de ces notions strictement professionnelles, il est utile aussi que le travailleur élar- j: gisse ses connaissances et développe son intelligence : il acquerra ainsi une valeur supérieure qui | aura certainement sur son travail une heureuse influence.
De toute l’Europe, c’est en Angleterre que la journée de travail est la plus courte : c est aussi probablement Te peuple anglais qui lit le plus.
« J’ai connu personnellement, nous raconte M. Paul de Rousiers, dans son intéressant ouvrage sur le Trade-Unionisme en Angleterre, un ancien mineur, l’aîné d’une famille de quatorze enfants, que ses parents avaient dû envoyer jadis au travail dès l’âge de 12 ans pour diminuer leurs charges. j Au fond de la mine il emportait un morceau de craie et employait ses moments libres à tracer sur la face noire du charbon des lettres et des chittres, demandant à des petits camarades presque aussi ignorants qne lui de l’aider dans ses essais rudi-
mentaires d’écriture et de calcul. C’était de l’instruction mutuelle héroïque et touchante. Plus tard, à 22 ans, ayant été grièvement blessé par un éboulement, il dut passer huit mois sans descendre à la mine. Il mit immédiatement à profit ce repos forcé pour se faire enseigner par sa jeune femme « tout ce qu’elle savait ». Aujourd’hui, jeune encore, dignitaire très en vue d’une puissante association ouvrière, il travaille toujours, mais, ayant vaincu depuis longtemps les difficultés scolaires, il lit avec fruit Herbert Spencer, Ruskin, Carlyle, se délasse avec Longfellow ou Tennyson, connaît par des traductions Tolstoï, Karl Marx, Victor Hugo, etc. Bref, c’est un homme d’une culture variée, toujours avide de connaître, ayant conservé cette fraîcheur d’impression, cette innocence intellectuelle de la pensée qu’un long commerce avec le convenu n’a pas déflorée, et je puis garantir qu'une conversation à sa table de famille sur des sujets littéraires trouve plus d'écho que dans bien des milieux où les professeurs n’ont pas manqué.
« Ce n’est point là, d’ailleurs, un type exceptionnel. J’ai pénétré dans la demeure d’un grand nombre de chefs unionistes, et presque toujours la bibliothèque occupait une place d’honneur dans le mobilier généralement modeste — une bibliothèque pleine de livres lus, aux reliures fatiguées. — En dehors de ces livres personnels, il y a tous ceux que l’on se procure aisément en Angleterre par les « circulating libraries » ; puis il y a la presse quotidienne dont l’influence éducatrice ne saurait être
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négligée. Pleins de faits, un peu lourds pour nos habitudes françaises, mais vraiment intéressants pour qui sait les lire et veut être informé, les journaux anglais contribuent pour une large part au développement des esprits dans les classes populaires.
« Esprit pratique, élévation morale, culture intellectuelle, telles sont les trois qualités principales qui assurent le succès des chefs de Trade- Unions. C’est grâce à elles qu’ils atteignent le résultat pacificateur que nous avons dit » (1).
Plus fréquents sont encore de tels exemples en Australie (2), où la journée est plus courte, puisqu’elle y est généralement de huit heures. Il a fallu multiplier les bibliothèques populaires qui y sont très fréquentées. Melbourne possède une magnifique bibliothèque qui, l'après-midi du samedi, est pleine de plus de 600 lecteurs ouvriers. Dans la province de Victoria, on comptait, il y a déjà plusieurs années, 229 bibliothèques libres pour une population de un million d’habitants. Le collège d’ouvriers de Melbourne avait 2.000 étudiants,
1. — Paul de Rousiers : Le Trade-Unionisme en Angleterre, Colin, éditeur, pp. 37 et 38.
2. — « Les principaux libraires déclarent, dit M. Sutherland, qu’en proportion de la population, les habitants des colonies achètent plus de périodiques anglais qu'on en vend dans aucun autre pays. 11 semble étonnant, ajoute-t-il, que les périodiques anglais soient plus lus aux antipodes que dans leur propre pays. »
dont plus de 53 0/0 étaient de simples artisans, voire môme de journaliers.
Inévitablement, une culture intellectuelle plus élevée entraîne une diminution de l’alcoolisme, non pas toujours immédiate, mais elle se fait progressivement sentir (1).
Il ne faudrait pas croire, en effet, qu’un ouvrier qui travaille longtemps soit plus sobre et meilleur qu’un autre qui profite des courtes journées. Le travailleur surmené n’a pas l'habitude d’avoir des loisirs, il ne sait comment employer les rares instants dont il dispose, et il se réfugie au cabaret, où l’alcool lui donnera momentanément l’illusion des forces qui lui manquent. Au contraire, celui qui a l’habitude de disposer d’un certain temps apprend peu à peu à le mieux utiliser, soit par des lectures, soit par des distractions, soit enfin par la culture d’un coin de terre : ses forces étant moins épuisées, il ne sentira pas autant le besoin de la surexcitation factice de l’alcool (2).
1. — Bm Australie, on a pu constater que les otivriers nés dans la colonie buvaient moins que les immigrants (John Rae, loc. cit. p. 288).
2. — « L’ouvrier anglais était autrefois connu pour ses habitudes d’ivrognerie et d’irrégularité, mais bien qu'il ait eu de plus en plus des loisirs qui lui auraient permis de se laisser aller à ces habitudes s'il l'avait voulu, il n’est pas devenu pire, il est au contraire devenu meilleur. Le témoignage des patrons devant la Commission du travail a été uniforme et décisif sur ce point...
« Les ouvriers du Northumberland, qui ont à peu près la
M. le professeur Raoul Jay, dans un discours qu’il prononçait à la Fédération des industriels et des commerçants français, montrait que la classe ouvrière se trouvait physiquement dans un véritable état d’infériorité à l’égard des classes aisées, et il indiquait les conclusions auxquelles était parvenu un professeur de Lausanne, M. Niceforo, qui avait comparé le développement physique de plus de 3,000 enfants appartenant à la classe aisée et à la classe ouvrière : « Quel que soit le caractère physique que l'on étudie, les enfants de la classe ouvrière sont inférieurs à ceux de la classe aisée :
plus courte journée de travail, sont réputés les plus s()bres et les plus rangés de tous les mineurs anglais. M. R. Young et M. J. Nixon disent que c’est ce que leur ont déclaré d'une manière uniforme tous les propriétaires de mines. Comment donc, a-t-on demandé, dépensent-ils leurs loisirs ? « Ils fréquentent les cabinets de lecture ; il y a, je pense. <' une société ouvrière pour l'enseignement dans chaqu > « houillère; et, comme je l’ai dit déjà, presque tous sont « membres de sociétés coopératives et s'intéressent à leur « bonne administration. Un certain nombre d’entre eux « s’intéressent sans doute aux différents genres de sport « comme tout le monde. » M. Young ajoute qu’il y a des classes de science et d’art dans un nombre considérable de villages houillers du Northumberland.
« Les plaintes les plus graves qui aient été portées devant la Commission du travail contre la génération actuelle des mineurs venaient du Lancashire, où précisément la journée est restée comparativement longue, et où l’on dit que les houilleurs allaient de mal en pis. s’arrogeant inopinément de plus en plus des vacances. » (John Rae, La Journée de 8 heures, pp. 119 et 120.)
qu’il s’agisse de la taille, du poids absolu, du dév^eloppement du thorax, de la force de résistance à la fatigue, etc., l’enfant de la classe ouvrière est inférieur... » Un auditeur, interrompant le conférencier, s’écrie : « C’est l’alcool ! » et M. Jay de répondre : « C’est l’alcool ! Quelle est la cause de l’alcoolisme '? N’est-ce pas que l’ouvrier n’a pas de foyer? » (1).
La famille n’existe plus si tous ses membres sont constamment dispersés, s'ils ne peuvent exercer les uns sur les autres le rôle et 1 influence nécessaires à sa fin essentielle.
Nous sommes persuadés, comme M. Raoul Jay, que plus les conditions du travail et l’état des mœurs permettront à la famille de se réunir autour du foyer, plus il deviendra un centre auquel tous, parents et enfants, seront attachés. Plus la mère pourra s’occuper du logis pour le rendre propre et agréable, plus le père aura la possibilité de s'occuper de son intérieur et de ses enfants, moins le cabaret aura d’attrait pour tous.
Enfin, nous ne devons pas oublier que la famille, si nécessaire et si bienfaisante quelle puisse être, n’est pas une fin en soi, mais un des moyens les plus excellents pour permettre à l’individu de se
1. — Bulletin mensuel de la Fédération des Industriels et des Commerçants français. Janvier 1900, p. 105.
développer harmonieusement, de se rapprocher de l’idéal divin qu’il a entrevu. Pour avoir une conception plus nette de cet idéal, pour avoir la force et la persévérance nécessaires pour s’élever vers lui, pour pouvoir donner à la vie, en un mot, tout son sens et toute sa valeur, il importe que l’homme ait le loisir d'étre homme, après avoir été l’ouvrier, esclave de la machine, rouage infime de la grande (Euvre de production mondiale. Après avoir payé son tribut à la matière en gagnant son pain à la sueur de son front, il faut qu’il puisse se souvenir qu’il est esprit aussi et qu'il ne doit pas seulement se nourrir de pain, mais de toute parole de Vérité.
Un tel résultat ne saurait être généralement obtenu avec la durée de travail excessive, qui est actuellement imposée à la très grande majorité des travailleurs : on demande trop au corps pour que l’esprit puisse avoir la part légitime, la part prépondérante à laquelle il a droit.
Au contraire, le travail humain atteindra son maximum de productivité si l'homme jouit de la plus grande somme possible de forces physiques, intellectuelles et morales : mais il ne pourra les acquérir et les multiplier c(ue si la journée de travail n’est pas trop prolongée, si, dans la majeure partie des professions, elle ne dépasse pas 8 heures.
CONCLUSION
Assurément, une amélioration durable dans la situation des travailleurs ne peut pas toujours être obtenue immédiatement. Il est nécessaire de tenir compte de circonstances économiques et sociales extraordinairement complexes, et, en voulant aller trop vite, on risquerait d’aller à l’encontre du but que l’on désire atteindre. C’est pourquoi nous croyons qu’il est impossible de réaliser, du jour au lendemain, dans tout un pays, la journée de huit heures. On n’y pourrait momentanément parvenir que par des moyens révolutionnaires violents et injustes que nous réprouvons ; au surplus, leur emploi ne pourrait que nuire à la revendication elle-même : issue d’une révolution, elle ne survivrait pas à l’agitation qui l’aurait engendrée. Seules, les améliorations progressivement obtenues sont durables. La journée de huit heures ne s’implantera, ne s’enracinera dans nos lois et dans nos mœurs, que si elle est le résultat, non d’un coup de force, mais d’une évolution provoquée par l’action persévérante d’esprits éclairés et pratiques.
D’ailleurs, nous ne considérons pas les troishuit comme une formule précise et rigoureuse, car
la durée du travail doit varier suivant l’effort plus ou moins grand qu'il exige : mais nous les envisageons (1) comme une revendication dont nous devons nous efforcer d'assurer la réalisation dans un très grand nombre de professions. Nous avons constaté qu'elle n'avait rien de chimérique, puisque l’évolution sociale conteipporaine tend, d’une manière générale, à diminuer la durée du travail, et que la journée de huit heures a été expérimentée avec succès en maintes circonstances.
Dès maintenant, elle serait applicable dans bien des cas, nous en sommes persuadés; mais s'il n'en était pas ainsi à cause des modifications trop profondes qui pourraient en résulter pour le prix de revient, ou bien même à cause du changement trop brusque qui en résulterait pour l'outillage ou pour les habitudes, on pourrait procéder par étapes successives, comme on l'a fait pour la loi de 1900 sur le travail des femmes et des enfants, et pour la loi de 1905 sur le travail dans les mines.
Avant d’en arriver à la journée mo3^enne de
1. — M. Raoul Jay citait, dans la conférence à la Fédération des industriels et commerçants dont nous avons déjà parlé, cette opinion du Grancher : « C'est à peine si, à quatorze ans, un enfant peut travailler 8 heures de travail et non 10. Du reste, à mon avis, la journée de 8 heures s’impose et s’imposera même pour les adultes. » Un auditeur s’exclama ironiquement: « Les trois-huit ! » » Oui, répondit M. Jay, les trois-huit, qui assureront à l’ouvrier un peu de repos, un peu de santé, un peu de vie de famille. C’est une formule que je salue avec respect et espoir. » [Loc. cit. p. 105.)
rlaariSb
CONCLUSION 159
8 heures, il faudra, en effet, conquérir la journée moyenne de 10 heures, puis celle de 9 heures (1) : mais plus un combat doit être long, plus il est nécessaire de l'entreprendre sans tarder. Il en est ainsi pour les luttes homicides qui ensanglantent nos frontières, combien plus urgente et plus impérieuse cette lutte dans laquelle il ne s’agit non d’opprimer un peuple, mais de libérer de pauvres êtres pliés, depuis des générations, sous un joug qui les écrase, non de semer la mort, mais la vie.
Toutefois, ces transformations ne s'opéreront pas, il ne faut pas se le dissimuler, sans le concours des intéressés. Plus ils prendront conscience de la légitimité de leur revendication, plus ils comprendront l'urgence de la faire aboutir, plus ils montreront d'activité au travail et de valeur morale, plus les personnalités et les groupements qui les représentent se feront écouter de l'opinion et des pouvoirs publics, car ils pourront prouver que ces aspirations vers plus de bien-être ne sont pas faites de paresse et de lâcheté, mais du désir d’une vie mieux remplie et plus en rapport avec le rôle qu’ils ont à remplir dans une démocratie. C’est pourquoi les syndicats ouvriers nous apparaissent comme
1. — C’est ainsi que la Fédération des Travailleurs du Livre demande aux patrons de consentir, au 1*' mai IfKX). non à la journée de huit heures, impossible à obtenir immédiatement, mais à la journée de neuf heures. Tout permet d’espérer que, grâce à la force de cette Fédération et à sa sagesse, cette revendication pourra aboutir.
160 l.A JOURNÉri DE HEIT HEURES
l'organe le mieux approprié pour la campagne à entreprendre; c’est d’ailleurs à leur action sage, énergique et persévérante que les progrès que nous avons constatés dans les pays anglo-saxons
ont été réalisés. j
Les consommateurs, eux aussi, apporteront leur ^
concours : ils exigeront que les produits qu’ils ^ achètent pour leur vie de chaque jour ne soient pas fabriqués ou vendus dans des conditions de travail * mortelles pour ceux qui sont obligés de les subir (1).
L’État devra également intervenir pour empêcher une exploitation inutile, dangereuse et injuste.
S’il arrive , disait très sagement le pape Léon XIII, « que les patrons écrasent les travailleurs sous le poids de fardeaux iniques ou déshonorent en eux la personnalité humaine par des i conditions indignes et dégradantes ; qu’ils at- ! tentent à leur santé par un travail excessif et hors de proportion avec leur âge et leur sexe : dans i tous ces cas, il faut absolument appliquer dans i de certaines limites la force et l’autorité des
lois » (2). ÿ
Il importe donc que tous, producteurs et con- i
sommateurs, puissances individuelles ou puis- |
sances collectives, s’unissent en vue de diminuer la