La Ligue sociale d’acheteurs, que dirige M”” H.-J. î
Brunhes, s’occupe tout spécialement d’agir sur les condi- ^
tions du travail en groupant les consommateurs. Siège de
la Ligue, 28, rue Serpente, Paris. ‘
2. — Lettre encyclique sur la condition des ouvriers, p. 55. j
CONCLUSION
durée du travail qui est imposée au prolétariat.
En luttant pour la réalisation d’une pareille réforme, nous ferons œuvre démocratique, parce que les citoyens vivant dans des conditions plus normales, plus humaines, seront mieux à même de remplir leur devoir civique et social ; nous agirons aussi en chrétiens, désireux avant tout de répandre autour d’eux un peu plus de vérité et un peu plus de justice.
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ANNEXES
Une enquête sur la journée de huit heures.
Une intéressante revue, dirigée par M. Artaud, membre du Conseil supérieur du Travail, La Revue populaire d'économie sociale, a demandé l'avis d’un certain nombre de personnalités compétentes, de milieux très différents, sur la question de la journée de huit heures (1). Quelques constatations et quelques opinions sont utiles à noter.
M. Yves Guyot, ancien ministre, directeur du Siècle, est de ceux qui sont les plus nettement hostiles au principe de la journée de huit heures.
« Que l’homme travaille le moins longtemps
1. Voici les personnes dont la Revue populaire d' Economie Sociale (Marcel Rivière, éditeur), a fait connaître l’opinion ; Charles Gide, E. Briat, un ouvrier typographe, Marcel Lecoq, Raoul Jay, Honoré, Paul Pic, Jean Choleau, Frédéric Passy, Charles Rist, Yves Guyot, R. S. Carmichael. Nous avons dû nous borner à relever quelques passages de ces consultations, sans avoir la possibilité, faute de place, de les analyser toutes.
ANNEXES 163
qu il peut, écrit-il, c’est son droit. La paresse est le premier des luxes ; car celui qui la pratique en jouit pour lui et non pour les autres. Seulement, la paresse a des inconvénients. Elle atrophie ceux qui s’y livrent, elle dévore les ressources de ceux qui en ont et, à ceux qui n’en ont pas, elle ne laisse d’autre alternative que la mendicité ou le vol... »(1).
On voit les sombres horizons que révèle M. Yves Guyot à une société où la durée du travail serait progressivement diminuée.
Sans aller aussi loin, M. R. -S. Carmichael (2), lilateur et tisseur de jute, exprime cependant cette même préoccupation, lorsqu’il parle de cette conception « purement idéaliste qui veut plier l’inûnie complexité de l’activité humaine à un système préconçu développant fatalement l’esprit du « moindre effort », nécropole où s’ensevelissent l’initiative, la liberté et la dignité individuelles, et l’une des causes sans doute de la faible natalité... » (3).
Mais l’argument de MM. Yves Guyot et Carmichael ne porte pas, car précisément ils sont nombreux les partisans de la journée de huit heures
1. — Revue Populaire d' Economie Sociale, septembreoctobre 1906, p. 219.
2. — M. Carmichael est président de V Union des Syndicats Patronaux des Industries Textiles de France, qui réunit 2.8(X) établissements textiles, mais il a déclaré que sa consultation n’engageait que lui seul.