Bulletin de l’Office du Travail, juin 1906, p
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La journée de huit heures dans les Forges de la Franche-Comté (l).
Au commencement du siècle, des maîtres de forges avaient établi de petites usines isolées le long de la Loire, de l’Ain et du Doubs : les gisements de fer, bien qu assez pauvres, suffisaient cependant à donner quelques bénéfices, l’eau procurait la force motrice, et les forêts voisines le combustible.
Lorsque les chemins de fer pénétrèrent dans cette région montagneuse, le Creusot vint s’y établir et concurrencer les maîtres de forges. Ceux-ci, en présence de ce danger commun, fusionnèrent leurs entreprises en une seule association qui s’appelle « la Société anonyme des Hauts- Fourneaux, fonderies et forges de Franche- Comté. »
Les centres industriels restèrent disséminés dans les différentes vallées, mais ils furent soumis à une direction unique. Cette dispersion des entreprises était bien loin de constituer une circonstance favorable, et cependant, malgré cette infériorité, l’application de la journée de huit heures a pu être tentée : elle a donné les meilleurs résultats.
Le bénéfice de cette réforme n’a été accordé, jusqu’ici, qu’aux ouvriers employés au laminoir ;