Séance du 22 février, XX' Siècle du 23 février
Un referendum sur la question de la journée de huit heures eut lieu, quelque temps apres, parmi les ouvriers intéressés. Voici quels furent les résultats :
B.\ssin de Ch.-^rleroi
Nombre de votants 25.978
Pour la journée de huit heures. . , 25.700
On a compté qu’il y avait 37.000 ouvriers travaillant dans les charbonnages du pays de Charleroi, mais il faut défalquer dix mille ouvriers qui travaillent à la surface et n’ont
VU
Une expérience industrielle.
Les résultats des journées de 24 heures, de 12 heures et de 8 heures dans une usine.
La société de la Nouvelle-Montagne (Belgique) traite des minerais de zinc sulfuré (blendes) pour les désulfurer. Jusqu’en 1888, ses usines étaient munies de fours de grillage à l’air libre (fours de Freiberg) qui, au point de vue industriel, présentaient de graves inconvénients. Ces fours déversaient, en effet, dans l’air une quantité de gaz anhydre sulfureux, qui, d’une part, causait un dommage considérable à la végétation des campagnes environnantes, et, d’autre part, laissait échapper dans l’air des richesses appréciables, car, ainsi que l’expérience le démontra, ce gaz sulfureux pouvait être transformé facilement en acide sulfurique.
Cette organisation technique défectueuse com-
pas pris part au vote. Il laut déduire ensuite les jeunes gens, âgés de moins de dix-huit ans, les malades, etc.
On peut donc admettre que la généralité des mineurs ont pris part au vote.
Bassin de la Basse-Sambre
Nombre de votants 2.492
Four la journée de huit heures .... 2.449
Contre 26
Abstentions 1"
portait, pour les ouvriers, un régime beaucoup plus déplorable encore, qu’un ingénieur de la Société, M. L.-G. Fromont,nousdécritdansunpetitouvrage intéressant et fort bien documenté (1).
La durée de travail était normalement de vingtquatre heures consécutives. L’ouvrier entrait à l’usine à six heures du matin, et n’en ressortait que le lendemain à la même heure. Le travail n’était, en principe, interrompu que par une longue pause de trois heures, qui avait lieu de minuit à trois heures. L’ouvrier, nous explique M. Fromont» « avait à poursuivre son travail d’une façon ininterrompue, et s’il éprouvait l’impérieux besoin de devoir manger, il ne pouvait pas quitter la halle de grillage et devait prendre ses repas dans le voisinage immédiat des fours. Il était en quelque sorte astreint à manger d’une main et à travailler de l’autre. Aucun réfectoire n’existait, et lorsque l’ouvrier prenait des aliments, il le faisait au milieu de petites halles, mal aérées ; il était environné de charbon et de minerais pulvérulents, desquels se soulevaient des nuages de poussières. Outre le grave inconvénient que présentait pour les voies