LA SITUATION EN BELGIQUE EN
Mais ce n’est guère qu’un minimum atteint grâce à la stagnation momentanée des affaires, et dès cjue l’industrie reprend son essor les journées s'allongent.
« A peine, depuis quelques mois, disent les auteurs du mémoire, les commandes sont-elles deviennes plus fortes, et déjà, dans différents établissements, les travaux sont continués en été jusqu’à dix ou onze heures, et par conséquent la journée est de quinze à seize heures. Or, quand la journée est de seize heures pour les ouvriers en général, elle est de dix-sept à dix-huit heures pour le chauffeur : travail écrasant que de dures privations rendent presque homicide. La durée du travail pour les enfants est la meme que celle pour les adultes» (1) .
Cette abominable exploitation de la vie humaine ne peut qu’entraîner des troubles profonds dans l’organisme humain.
Déjà Villermé av^ait recherché quelles étaient les conséquences du régime manufacturier sur la durée de la vie humaine, et il était arrivé à constater
huit heures du soir. De ce temps, il faut déduire pour les repas une demi-heure le matin, une heure à midi et une demi-heure le soir. En hiver, quand les fabriques s’ouvrent tard, la demi-heure du matin est supprimée. Le lundi, pendant toute l’année, les travaux ne sont point interrompus à midi ; mais les ateliers se ferment à trois heures de relevée. » Ihid.
Une enquête, faite à cette même époque par le ministère de l’intérieur du royaume de Belgique, nous montre que la situation n’était pas moins déplorable dans ce pays.
La Société de médecine de Gand déclare que, « en hiver les travaux des fabriques commencent le matin avec le jour, pour cesser le soir à neuf ou dix heures, selon que la journée a commencé
plus tôt ou plus tard le matin
« La durée habituelle des travaux est de douze à quatorze heures cinq fois par semaine, et de sept à neuf heures le lundi, ce qui revient à 67 ou 79 heures par semaine d’après les saisons » (1).
1. — « En été, les ouvriers entrent à cinq heures ou inq heures et demie du matin, et partent régulièrement à
1. — Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants (Ministère de l’intérieur de Belgique). Bruxelles, 1848, t. I«, p. xcvii et xcviii.