‹ La journée de SedanChapitre 27 sur 33 · DUCROT. J · texte numérisé non relu

DUCROT. J

En même temps le général faisait prévenir les 1"' et Retraite du 3° divisions restées à Douzy de se rabattre^ une fois *" ^^^^^' l'armée écoulée, vers Francheval, où il viendrait leur donner la main. Mais avant que cet ordre ne leur parvînt, les généraux Wolf et Lhériller reçurent du maréchal, à son passage à Douzy, Tordre de se rendre directement à Sedan.

Le mouvement de retraite commença à Oarignan par la 5' division, et fut suivi par la 4'. L'artillerie marchait sur la route à hauteur des divisions, la cavalerie à gauche de la route de la montagne avec de nombreux éclaireurs battant Testrade. Par un simple à gauche on se trouvait ainsi en bataille et par échelons.

Pendant tout le temps de la route^ l'ordre le plus parfait ne cessa de régner.

Arrivé vers midi à Francheval, le général Ducrot on néglige fut arrêté par les bagages et les parcs du 5*^ et du 12^ f' ^*^^^, '*'"*'''

^ ^ ^ ^. ^ , les ponts sa r la

corps qui, canonnés à distance, s'étaient jetés à Meuse et sur le droite sur les hauteurs. Onerè.

Dans la matinée, le 12" corps qui avait traversé le Chiers à Douzy s'était porté sur Bazeilleset repoussait les Bavarois qui tentaient le passage de la Meuse. Malheureusement le pont de Douzy abandonné d'après l'ordre reçu n'avait pas été détruit, et l'ennemi Je franchit sans obstacle.

Le pont de Bazeilles, quoique repris par le 12' corps, ne fut pas rompu ; il en fut de même de celui de Donchery . . Ces négligences devaient être cruellement expiées.

Le général Ducrot voyant des hauteurs de Francheval l'ennemi s'avancer par Douzy, prit ses dispositions pour le recevoir dans le cas où il tenterait une attaque, mais aucune démonstration offensive n'ayant eu lieu, il reprit dans le même ordre que précédemment sa marche sur Illy, en s'entourant de nouvelles précautions à l'arrière-garde.

Ordre du Les colonnes du 1" corps débouchaient à haumaréchai corn- teur de ViUers-Cemay, lorsque l'ordre suivant fut rech^ de reve^ ^^^^ ^^ général par le lieutenant-colonel Broyé, aide uir sui- Sedan, de camp du Maréchal : « Mon cher Général, je vous

n avais fait donner l'ordre (1) de vous rendre de Cari- 5> gnan à Sedan et nullement à Mézières où je n'avais 3) pas l'intention d'aller. Ayant vu ce matin le gé- » néral Wolf, je vous croyais à Sedan. A la réception 3) de la présente, je vous prie de prendre vos dispo- » sitions pour vous rabattre dans la soirée sur Sedan, 3) dans la partie Est. Vous viendrez vous placer à la » gauche du 12^ dorps, près de Bazeilles entre Balan ï) et Bazeilles. Envoyez-moi d'avancé votre chef d'état- » major pour reconnaître cette position. Recevez, etc.

» Mac-Mahon. ^ Sedan et ses Petite viUc de vingt mille âmes, Sedan est située

environs.

(1) Cet ordre n'est jamais parvenu au général commandant le 1^' corps qui n'a reçu d'autres instructions du maréchal que celles rapportées dans la journée du 30 par le capitaine Bossaxî.

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sur la rive droite de la Meuse ; le faubourg de Torcy la prolonge à FOuest. A PEst, s'élève le Vieux-Camp, sur une haiiteur (242 mètres) qui domine entièrement la vieille ville.

Si l'on jette un coup d œil sur la campagne environnante, on voit de Remilly à Iges une longue vallée dont les points culminants sont sur le versant occidental, les hauteurs de Noyers, de Wadelincourt et d'Iges ; sur le versant oriental , les collines de la Petite-Moncelle, de Villers-Cernay, les hauteurs boisées de la Garenne, le calvaire d'IUy, les plateaux de Floing et de Saint-Menges. Au fond, serpente la Meuse, coulant dans une direction générale du Sud-Est au Nord-Ouest Arrivé à Iges, le fleuve change brusquement de direction, court pendant 1,500 mètres de l'Est à l'Ouest, puis redescend brusquement au Sud, jusqu'aux environs de t)onchery.

Ce méandre dessine la presqu'île d'Iges, qui s'avance en pointe vers les bois de la Falizette et du Grand-Canton, limite du territoire français.

Au Nord, s'élèvent des hauteurs boisées, à travers lesquelles court notre frontière, dans une direction générale de l'Ouest à l'Est.

En regardant la carte, on voit que la ligne de la frontière forme avec la vallée précédemment décrite, un vaste entonnoir, dont la partie étranglée se trouve entre la presqu'île d'Iges et le bois du Grand- Canton.

Une armée engagée dans cet espace et marchant vers le Nord (c'était, nous Pavons vu, la seule voie de salut) devait donc faire tous ses efforts pour dou-

bler au plus vite la pointe d'Igos. C'était pour elle le véritable cap des Tempêtes; une fois franchi, on s'étendait, on respirait.

C'est pour ce motif que le général Ducrot, voulant en toute hâte gagner du terrain, se portait sur lUy. N'ayant jusqu'alors reçu aucun ordre, il comptait trouver tous les corps bivouaquant entre lUy, Floing, Saint-Menges et Fleigneux, admirable position d'où nous eussions été difficilement délogés. En tout cas, la retraite nous était assurée.

Que serait-il Supposons que le 1" Septembre au matin notre inée s^était éta- ^^^^^^ laissant uuo brigade dans Sedan et au Vieuxbùe dans les Camp, sc fût établie de la manière suivante : positions d'il. L^ ^^^^^ g^j. les hauteurs de Floing et de Saint- ,

ly, Floing et ' ^

Saint-Menges? Mougos, dominant la grande route de Mézières par

Vrigne-aux-Bois ; la gauche à Uly et Fleigneux, dominant la haute vallée de la Givonne. Au centre et à notre droite Fartillerie de Sedan balayant tout le plateau de la Garenne, rendait toute attaque impossible de ce côté. Nous n'avions donc à redouter que les mouvements tournants par Vrigne-aux-Bois et par Givonne. Mais alors nous n'étions pas au centre de la circonférence décrite par l'ennemi. Nous étions sur la circonférence même ; nous pouvions être attaqués sur nos jBLancs, mais non pris à revers, et nous n'avions affaire qu'à deux tronçons isolés, manœuvrant loin de leur centre et dans des positions désavantageuses.

En effet, l'extrême gauche ennemie, séparée du reste de l'armée par la Meuse et la presqu'île d'Iges, arrivait sous le feu des hauteurs de Saint*MengeSj

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