‹ La journee de Sedan par le géneral DucrotChapitre 1 sur 7 · AYANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT- PROPOS

Ecrire l'histoire au lendemain dos événements est oruvre toujours difficile ut plus nuisible qu'utile.

Trop île personnalités sont en scène pour ne pas redouter de les froisser : trop de passions sont en jeu, pour ne pas craindre do les surexciter encore.

Aussi nous étions-nous abstenu jusqu'à ce jour de rien publier sur la guerre de -1870 et 1871 ; notre nom, mêlé à une ardente polémique qui eut lieu entre plusieurs officiers jiétiéraus, lors de leur captivité, n'uvait pu nous faire rompre le silence.

Mais, aujourd'hui, un homme considérable pur la position qu'il occupe dans l'armée vient de publier un gros volume dans lequel il lance contre nous les accusations les plus violentes et les plus injustes.

M. le général de Wimptfen nous accuse :

1" D'avoir manqué d'honnétclé en abusant de notre influence sur le général Trochu pour empêcher la publication de son rapport sur la bataille de Sedan (1)

2" D'avoir, par de fausses manœuvres, compromis le sort de la journée et préparé ainsi le fatal désastre de Sedan.

(Il Voir la Ifiltte dci gSriGra) Tmrhu. pago

3" D'avoir déserté le champ de bataille avant l'heure.

4" D'avoir refusé d'obéir aux ordres du général en chef, alors qu'il réclamait notre concours.

5" D'avoir mitigé l'Empereur à arborer le drapeau parlementaire et à capituler.

Est-il possible du formuler contre un soldat, contre un général en chef, des accusations plus graves, plus odieuses II!

Notre honneur, celui dn nos enfants ne nous imposent-ils pas le devoir dé répondre ?

Nous le toisons, non sans amertume, non sans douleur ! . . car ce différend est encore une honte à ajouter à toutes les hontes qui nous accablent. . .

Mais nous le demandons au pay*. à l'armée. . . était-i ! permis de garder le silence?. . .

— Que la responsabilité de cette déplorable polémique retombe donc soi' celui qui l'a provoquée. . . comme l'a dit le général de Wimplfen, sinon cuiqw.

— Nos camarades de l'armée, infortunés acteurs de ce terrible drame, ont maintenant les éléments de l'accusation et de la défense. . .

Qu'ils se prononcent. . . leur jugement préparera celui de l'histoire.

Général A.DocRor.

VenuUei, 18 ieploHilirc 1871.

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