CHEZ AUG. AUBRY, LIBRAIRE
RUE DA UPHINE. N. I «.
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v-:^/r-s^ A Journée des Madrigaux a eu !v ^<S-^À pi't'SiIiiP autant de retentissemeni V^ "^r^f ^1^'*^ '^ grande bataille des Uranins et J^v^v 6\ des Jobelins. Le dernier, parmi nous, des écrivains du w\v siècle, a donné, dans son histoire si passionnée d'Anne de Bourbon, un tableau détaillé de ce long conflit qui a divisé la cour et la ville , et fait verser des tlots d'encre. Les deux sonnets de Voiture et de Benserade, Uranie et Job, cause innocente de tout ce tapage, étaient d'ailleurs de notoriété publique avant l'apparition du livre de M. Cousin. Au contraire, la Journée des Madrigaux est restée complètement enfouie dans la poussière des manuscrils de Valentin Conrart. Nombre d'auteurs en par-
lent, les uns de visu, les autres seulement d'ouïdire. Mais personne n'a songé à en extraire le moindre fragment. Cette page d'histoire littéraire nous a paru trop caractéristique pour demeurer à jamais inconnue : c'est ce qui nous détermine à la publier dans son intégrité.
Avant d'aller plus loin, ouvrons une parenthèse au profit des documents inédits qu'a laissés le premier secrétaire perpétuel de l'Académie et que possède la bibliothèque de l'Arsenal. Ils remplissent dix-huit volumes in-f" et vingt-sept in-4fO ; trois de ceux-ci sont détachés et classés à part. L'in-4" est, à peu de chose près, la reproduction identique de l'in-f". Ce vaste recueil, en partie double, est une sorte de fosse commune où s'entassent pêle-mêle quantité de lambeaux de prose et de poésie, d'une origine plus ou moins illustre. L'éditeur qui dirigerait ses fouilles de ce côté et, après un triage intelligent, entreprendrait une exhumation partielle, rendrait aux lettres un éminent service. Il trouverait là les matériaux de quelques volumes intéressants et d'où peut-être s'échapperaient des lueurs inespérées... Qu'on nous permette de citer un exemple à l'appui de notre dire. Il s'agit de l'austère Mn^^ deMaintenon. Jusqu'à ce jour les défenseurs de la petite-fille d' Agrippa d'Aubigné avaient le droit d'affirmer qu'elle a
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traversé inUicte l'hôtel de la rue des Tournelles ' ; ils pouvaient défier impunément de signaler, dans toute son existence, une seule trace de galanterie. Nul ne relevait le gant. Les pièces de conviction manquaient*. Or voici que tout à coup il s'en découvre une dans les papiers de Conrart :