MADRIOAL DE POLYANDRE POUR PHILOXÈNE
A THÉODAMA.S.
Vostre cachet m'est inutile.
Car vostre esprit est si sage et si dou<r Que je veux que toute la ville Sçnche que je brusie pour vous.
AUTRE
Théodamas, dînant dif<cret.
De mon cœur vous fondez les ylaœs, Ouy, vous aurez- toutes les grâces Qui n'ont point besoin de cachet.
Acante, qui, avec Fhabit et la fortune d'un simple berger, avoit le courage d'un grand prince, eut peine h digérer cet affront, et faisant de nécessité vertu, tira deux autres madrigaux de sa teste, presque en même temps, l'un à Philoxène, l'autre pour Philoxène à Théodamas.
MADRKiAL D'ACANTE
A PHILOXÈNK.
\'nirc très-humble Pis-aller.
IncouiiKirablc Philoxène.
Voudroit sçavoir fort bien parler.
Afin de vous tirer de peine,
Mais, s'il faut ne vous rien celer.
Sa faible et latiguissante veine
Ne sçauroit jamais bien couler.
Si ce n'est que quelque Chimène
Voulût un peu le cajoler.
Sans eslre farouche, ni vaine, El lui donner enfin ce secret et ce doux
Que vous ne donnez pas à tous,
Que vous ne gardez pas pour nous, Et qu'un plus digne amant croid mériter de vous .