‹ La journée des MadrigauxChapitre 19 sur 50 · D E GRAND F. S P R 1 T · texte numérisé non relu

D E GRAND F. S P R 1 T

On est icy fort en peine d'un illustre étranger, appelle Acante :\ qui y passa il y a déjà assez. longtemps; car on n'a pointde nouvelles de son arri vée à Tendre. On sçayt seulement qu'il fit quelque séjour à Jolis-Vers, où il fut admirablement bien receu; qu'il demeura quelque temps à Billet-Galant, et qu'il se trouva si bien à liillet-Doux, que pouvant aller coucher à Sincérité, il ayma mieux demeurera cet aymable village. Les uns disent, qu'il a en ce lieu-là quitté la route de Tendre-sur— Estime, et que tournant tout-court, i gauche, il a pris la Rivière d' Inclination ; les autres, qu'il n'a

' Le chevalier de Héré.

Le Jeune Tracj .

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r.nt que la traverser, et qu'il est allé à Petits-Soins, |nnii suivre tle là le chemin de Tendre— sur- Recontnce;et d'autres assurent] au contraire, qu'il i continué son premier chemin. Il \ en ;i mesme qui disent qu'il est allé à Tendre. Hais, en fin, on n'en sçayt rien a\ee certitude ; ce qui afflige fort ceux qui le connoissent, car c'esl un homme de grand mérite.

D'OUBL Y

Il arriva iey , il y a quelques jours, un Estranger1 de fort bonne mine, qui, après avoir passé do Nouvelle-Amitié h Grand-Esprit ; de Grand-Esprit à Jolis- Vers; do Jolis-Vers à Billet-Galant ; et de liillet-Galant à Billet-Doux, s'égara, en partant do cet agréable village ; de sorte qu'au lieu d'aller à Sincérité, il vint dans nostre ville, où il fut un jour tout-entier, sans s'apperce\i>ir mesme qu'il estoit . Mais aussi, dès qu'on l'en eut faitapperce- \oir. il partit d'icy avec tant de diligence, qu'il \ on a qui assurent qu'il a plus fait de chemin en deux jours, qu'il n'en avoit fait depuis qu'il es toi I p ii i\ de VotweWe- \miHé,

Ifuni. ralremenl i rasite

tit) LA GAZETTE DE TENDRE.

DE NEGL IGE N CE

Jamais nous n'avions veû de si aymables Estrangèresx que celles qui sont présentement dans nostre ville. On ne sçayt pourtant pas bien ce qui les y retient. Les uns disent qu'elles se sont égarées ; les autres, qu'elles ont esté exilées de Tendre, pour quelques divisions secrettes, qui sont entre la Nouvelle-Ville et Y Ancienne; les autres, qu'elles prétendent y retourner, quand elles se seront reposées icy ; et les autres, qu'elles se trouvent si bien en un lieu où l'on fait profession de n'avoir soin de rien qu'elles n'en partiront point; ce qui seroit un grand ornement à nostre ville, car elles sont fort bien faites et ont infiniment de l'esprit.

DE SINCER1TF

II. vient si peu d'Estrangers dans nostre petit village, qu'on poui i oit ;ie le nian|iier point dans la carte sans que ceux qui voyagent en souffrissent nulle incommodité ; car la pluspart de ceux qui veulent aller à Tendre le laissent à droite, ou à

1 Pkiloxtne (Mm'' d'Aligre), Têlamirr (Sarrasin), liorn- Uit 'M11'- Bobinera).

LA i.\/l'l I I M IKM'HK. 1.7

gauche, muw j passer; ce qui i tellement rompu

noslre cmnineire. que OOU8 ne savons des iini]velles de mille part.

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