‹ La journée des MadrigauxChapitre 20 sur 50 · DE TIEDEUR · texte numérisé non relu

DE TIEDEUR

Il y a quelques jours que noua visines arriver icy Un Jeunr Etranger ', qui est beau, bien fait, ible et plein d'esprit. Quand il y vint, ses gens disoyent qu'il n'y seroit qu'un jour; niais il se trouve si bien parmy nous, qu'il ne parle plus de partir. Kn effet, bien loin de le voir en habit le campagne, pour continuer son voyage, nous le voyons tous les jours dans nos temples, dans nos rues et cbez nos dames, avec ses cbeveux blons, aussi poudrez et aussi frisez que s'il ne devoit qu'aller au bal. Il y en a pourtant qui dix ni qu'encore qu'il ne paroisse pas empressé, et qu'il i\! beaucoup de langueur dans les yeux, il n'est pourtant pas aussi indifférent qu'il semble l'eslre. mais il a une si grande tranquillité sur le visagi qu'on le soupçonne Fort de ne désirer rien ardemment, et personne ne doute qu'il ne préféras! un paisible plaisir, quelque petit qu'il fust, an plus grand plaisir du monde, qui seroit accompagné d<

' Murr.ni. eonseillei au grand conseil

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quelque peine; c'est pourquoy on ne sçayt pas s'il s'opiniastrera au dessein d'aller à Tendre, où l'on ne peut arriver sans quelque difficulté.

Un Estranger ' d'un mérite rare, et dont tuiles les inclinations sont grandes et nobles, eslanl party de Grand- Esprit, où il fait son séjour ordinaire, s'égara et vint coucher icy, malgré luy ; mais il en partit si matin , que cela n'a guère retardé son voyage. En effet, nous avons seû que cet homme illustre qui s'appelle Agathxjrse, est arrivé en fort peu de temps de Générosité, après avoir passé par Sincérité, par Grand-Cœur et par Probité; mais on dit que, trouvant le chemin d' Exactitude trop long, celuy de Respect trop ennuyeux et trop peu battu, il a résolu de tourner à gauche et d'aller le long de la Rivière d'Inclination; car, comme elle ne serpente point, elle sert de guide à ceux qui la suivent et le chemin en esi moins long. Il y en a mesme qui assurent qu'il veut aller sur ce fleuve, el qu'en cas qu'on n'j trouve point de barque, il entreprendra de faire

1 De Ralncy, lolfeinenl Af/aihymp.

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un miracle, en allant m chaise ' sur cette rivière, comme il lut un jour voir Thiodameu avec plusieurs dames. Il est vra] que ce doivent estre des

I» tufins <|ui le porteront, et non pas des hommes; car "ii assure qu'il y en aura quatre, qui vicndront de la Mer Dangereuse , en remontant le lieuse, pour luy rendre cet office. Ce qui rend la chose nraysemblable, c'est qu'Ayathyrse est un bomme dont le grand cœur ne peut souffrir que rien hrj résiste; qui diviseroit les fleuves aussi bien que (.mus, s'ils s'opposoient à son passage, et qui est capable de tout entreprendre par un sentiment de gloire. Néantmoins on ne sçayt point encore avec certitude s'il veut etleeti veulent aller a Tendre, et on ne parle de ses desseins que suide simples conjectures, qui peinent aysémenl estre trompeuses.

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