‹ La journée des MadrigauxChapitre 2 sur 50 · TIRE DES CHRONIQUES DU SAMEDY · texte numérisé non relu

TIRE DES CHRONIQUES DU SAMEDY

• f. Samed] donc alloit finir, l-i cha- I cun commençoit à se retirer, plus ou '*\ ni' 'in~ content, suivant qu'il avoit eu

y*v - . |ilii- -h moins de part à l'entretien île Sapho1; quuii'l l.i secrelte influence des main., i ii x qui commençpil à tomber avec le serein,

conduisit la meilleure partie di> ra>seml>lée chez la princesse Philoxèiu \ qu'une légère indisposi

1*1 if i ..„r..ri. i. V, in-l*. p. 91-12».

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lli LA JOURNBI DBS KADRIG \l \.

tion a?ail retenue ce jour-là dans sou palais. L> Chroniqueur ' qui ne donne guère ses regarda el son attention qu'aux beautés vivantes, ne vous décrira point icy bien au long tout ce qu'il ne vid lu\ mesme qu'à demy. La magnificence du palais, la richesse de ses emmeublemcns, et les deux meneilleuses statues de la grande et de la petite Pandore* dont les fables disent (pie chacune des Déesses leur a fait un présent, et qu'elles ont esté habillées de la main des ('.races. Ces choses pourtant et surtout les deux statues que Philoxène. par une libéralité sans exemple, avoit déjà données à Mèliante*, arrestèrent durant quelque temps cette belle troupe; mais incontinent après, encore qu'il n'y eût là que des héros et des héroïnes de roman, qui n'ont pas trop accoustumé de se chauffer, il est certain que tout le monde s'assit auprès du feu. Alors commença la plus agréable conversation qu'on sauroit s'imaginer ; car Philoxène et Trlamire'' faisoient, aussi bien qu'il estoit possible, l'honneur de leur maison ; et alin que tout le reste

i Pélisson, surnommé \' Apollon du Snmedy.

1 Deux poupées de modes, de différente grandeur, el sur leM|uillcs. entre tempe, les précieuses exerçaient leurs doigU inventif-.

5 « N. de Itone>ille qui en\oioil Ml poupées à M""- h

preeideate de la Tetraaae, ■>;! mur. Noie de Courait.

k M"" d'.MiRrc. Mlle de M""' Ar.igonait.

U 101 Mil Dl - MM'IUi.MA. I 7

Je la compagnie fut de belle bumeur, Polymère '

tvoit oiililu- en tMiti.mt la négociation et les affaires d'Estat ; le berger Atmtê •, des choses i la vérité de moindre importance] mais qui ne luy toueboient pas m. mi-. m cœm •; Menante, sa fièvre;

Itaatfe1 Beaconstantea amours et ses longs voyages; et la divine Sapho, regardant le siècle, la cour, sa propre fortune, comme des choses au dessous • loi lt-, ne se souvenoit poureatre contente, que de >mi esprit et de sa vertu. En cet estât, leurs âmes estoient, sans doute, bien disposées pour recevoir les inspirations d'Apollon, qui marchant alors, comme elles font d'ordinaire, après la liberté et lajoye, n'eurent point «le peine à s'en rendre maistresses. Toute la troupe s'en ressentit : tout le palais en fut remply et, s'il est vray ce qu'on en conte; la Poésie passant l'antichambre, les sales, et les garderobes mesme, descendit jusques aux offices v ; un escuyer, qui estoit bel esprit, ou qui unit volonté de l'estre, et qui avoit pris la nou-

1 Sonna, secrétaire des commandements du prince de i DOli, — le spirituel auteur de la Pompe f une h ri- de Voilure. J PéliMon.

lunij I auteur du Louit d'Or, • de qui cecj est du I' u ironie, et à cause qu'on lui fait la guerre de »on inconlUncc et qu'on luy a fait rompre plusieurs fois le dessein d'un voyage qu il vouloil faire en Angleterre. « Conr.

il ert effeetWeroenl \ra> que la pluspart des raleb ie l.i maison firent deN vers ce jour-là. » Oonr. — i.Ysi n.i us

18 LA J0URNF.K I1F.S MADRIGAUX.

velle maladie de la Cour, acheva un sonnet de bouts-rimez * sans suer que médiocrement; et un grand laquais lit pour le moins six douzaines <l< vers burlesques. Mais nos héros et nos héroïnes ne s'attachèrent qu'aux madrigaux 5 jamais il n'en fut tant fait ni si promptement. A peine celuy-cy veuoit-il d'en prononcer un, que celuy-la en senloit un autre qui luy fourmilloit dans la teste, lcy on récitoit quatre vers, là on en escrivoit douze. Tout s'y faisoit gayement et sans grimace. Personne n'en rongeoit ses ongles, et n'en perdoit le rire ni le parler. Ce n'estoit que défis, que réponses, que répliques, qu'attaques, que ripostes. La plume passoit de main en main, et la main ne pouvoit suffire à l'esprit. On fit des vers pour toutes les dames présentes. J'en say mesme qui pensèrent à Z)ora/tse2quoyqu'absente et peut-eslre avec un peu plus d'amitié qu'elle n'en avoit pour

doute ce qui a inspiré à Molière l'amusante sréne de l'impromptu de Masrarille .

1 » Quoy qu'on ayt fait autrefois des bouts-rimez, B*eel depuis peu que la mode en est revenue par des bouts-rimez que M. Kouquet, procureur général et surintendant des finances, donna sur la mort d'un perroquet et sur lesquels une infinité de personnes ont travaillé. » Conr.

* 1 M"c Robineau, qui n'éloit pas en cette compagnie, parce qu'elle avoit des affaires fâcheuses, pour des taxes qu'un ;i\oil mises sur îles roules de M. son père. ■ Conr.

i \ KMMÉ M - ■ABfJftU \. t'»

m. Ils h ii'iitfiiti rcnt <\\ pcosêi pourtant, m Ifin semblant pas i\\w le- BeMécutione <pie la fortune luy faisoit souffrir en ce temps-la peûttenl entrer de benne gr&M en madrigal.

M n- ilin <\ne je puisse vous raconter plu- rvx tement ee qui ucet assaut de réputation,

et quel en fut le sujet, je me sens icy obligé, à la façon des historiens célèbres, de reprendre la ehon «l'un peu plus haut.

Vous ara veù, s'il vous en souvient, en un autre endroit de ces Chroniques, qu'un samcdy au soir, le généreux Thêodamas ' en se retirant donna t Bapho je ne say quoy, enveloppé d'un papier bien parfumé, à la charge qu'elle ne le regarderoit que quand il seroit party *. Ce je ne say (|uoy. comme on le sçeut depuis, estoit un cachet de chrystal, gravé du chiffre de Sapho, et du sien, meslez ensemble. Sapho l'en remercia le lendemain par un admirable madrigal. Ce madrigal attira une épitre fort galante de Thêodamas ; IVpitre, un autre madrigal de Sapho, et ce madrigal un autre de Thêodamas qui voulut avoir le dernier. Dès lors on commença à comprendre dans le monde qu'un beau madrigal et un beau cachet de chrystal estnient deux choses qui ne rymoyenl pas

nrarl.

Voir plu- Ma . |

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mal, et qui alloient encore mieux l'une avec l'autre. Or, depuis longtemps le sage Théodamas brûloit d'une amoureuse passion pour la belle et vertueuse Philoxène ; mais d'une passion si disorette qu'elle ne scandalisa personne; de sorte que le fameux auteur du Grand-Cyrus, qui a eu d'ailleurs des mémoires si particuliers et si amples de toutes les autres intrigues du Monde, n'a trouvé lien à dire de celle-cy l. Cherchant donc à plaire à sa princesse par toute sorte de soins, grands et petits, il s'avisa de lui envoyer un cachet de même matière que celuy de Sapho, avec le madrigal suivant, la conjurant, comme vous verrez, d'y répondre par un autre.

MADRIGAL DE THÉODAMAS

A PHILOXKNK.

Vous savez bien que 1rs cachets Sont les confidents des secrets, Bt puisqu'on dit partout '/«<• j'ay grand part aux vottres Je ne dois pas souffrir que d'autres \'ous donnent de quoy 1rs garât r .

H,<< r, :- iIiiiic. sans iimri Inimli r,

1 ■ Cela veut dire qu'il n'y a nulle IntrigM entre ees deux personnes , afin qne Mux qui ne les ronnoissenl pas ne se l'imaginent point anlrement. » Conr,

I * JnlKM-h DU M LDRIGA1 \. 1\

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