‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 38 sur 110 · CXLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXLVIII INTRODUCTION

ne peut pas voir sans trembler le désordre dans la rue et la défaite, même méritée, de l'autorité. A la date du 15 juillet, il écrivait :

« La scène de douleur s'étant bien promptement changée en scène de consolation et d'espoir, les Parisiens en ce moment paraissaient ivres de joie; il ne s'agissait plus que de désirer que cette joie pût se soutenir et n'être troublée par aucun choc nouveau et inattendu. Quoique les angoisses, les agitations et les inquiétudes n'eussent duré que deux jours, il était temps d'en voir la fin ; car le feu s'allumait dans toutes les provinces du royaume par la disette des grains et déjà les villages circonvoisins de la capitale commençaient à suivre son exemple, en s'armant chacun pour leurs propres affaires et pour la sienne. Ce jour devenait un jour mémorable à jamais de grande confusion pour les méchants et 'les ennemis de l'État, tandis que la veille on avait été malheureusement témoin d'un exemple également mémorable des vengeances divines et humaines sur ces mêmes méchants. Bien des gens croyaient même déjà voir, dans tout ce qui s'était passé la veille, le triomphe de la Nation (i). »

On peut, je crois, considérer ce jugement si modéré sur la journée du 14 juillet et sur ses conséquences comme l'expression de l'opinion générale de la classe moyenne de la capitale, classe dont Hardy me paraît être l'un des représentants les plus honorables.

D'autres bourgeois nous ont laissé quelques détails précieux sur cette crise (2). Ce sont les arquebusiers royaux qui dans la soirée du 13 juillet se mirent à la disposition du Comité permanent pour assurer le maintien de l'ordre. Cette compagnie, comme toutes ses semblables,

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