CCLXVIII INTRODUCTION
M. Fr. Funch-Brentano s'appuie sur une phrase de la Bastille dévoilée pour soutenir cette opinion plus que paradoxale : « Au milieu, dit-il, de tous les événements qui ont marqué cette période si agitée, la prise de la Bastille ne parut pas, tout d abord, un fait particulièrement important. L'auteur si sincère de la Bastille dévoilée en est désespéré : il rappelle la profonde impression produite à Tétranger par la chute de la citadelle royale, et il ajoute : ,« Voilà ce qui se passe à Londres, et en France tous les journalistes ont gardé sur cet événement le plus morne silence. Ne serait-on pas tenté de douter de sa réalité si, dans dix ans, on consultait leurs feuilles sans pouvoir en rencontrer la plus légère trace? » Mais les rédacteurs de la Bastille dévoilée ne font pas ici la moindre allusion à la prise de la forteresse; dans leur pensée, il s'agit de la prison odieuse qui vient de tomber sous la colère populaire. Pour le prouver, il me suffira de compléter cette citation :
« Est-il, lit-on dans cet ouvrage, un spectacle plus consolant pour un citoyen français que celui de voir anéantir cet antre ténébreux? Chaque pierre que l'on détache semble^ en roulant dans le fossé, emporter avec elle un soupir et un gémissement.
(( Un esclave sent rarement le poids de ses fers ; mais l'homme libre ne les lui voit pas porter sans indignation ; les Anglais ont souvent rougi pour nous ; souvent l'humanité leur a fait embrasser notre défense. Partout on voit des traces de leur vertu bienfaisante; ils étaient libres; ils désiraient que tous les hommes le fussent. Leurs papiers ne se lassent point de citer ce grand événement. Leurs spectacles s'en sont emparés et on le représente actuellement sur trois théâtres de Londres. Un de leurs écrivains, M. Pratt, qui a fait, il y a trois ans, un poème sur l'humanité, y parle ainsi de la Bastille :
Hère the poor captive torn from child and wife From youth to âge groand ont detested life.