CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE
déroute le reste de3 Philistins, beaucoup plus petits et beaucoup moins redoutables.
Donnez toute liberté au confessenr de vous reprendre, et souhaitez qu'il ne vous flatte point ; au contraire. Ecoutez attentivement ses remontrances, sans l'interrompre, et, fussent-elles rudes, recevez-les patiemment, comme David reçut celles de Nathan ; avouez ingénument votre faute devant Dieu qui vous juge là comme un criminel.
Joignez a votre confession, principalement lorsque vous dites le Confîteor et, à la fin, aux dernières prières qui précèdent l'absolution , des actes de foi vive, d'espérance, de charité, d'humilité, de justice, de force et d'obéissance pour la satisfaction, pour le remède et pour l'amendement de vos fautes.
Au moment de l'absolution, recueillez tout votre intérieur. Imaginez-vous être sur le Calvaire, au pied de la croix d'où Jésus-Christ fait tomber sur votre tête quelques gouttes de son sang précieux, ou comme une Madeleine aux pieds de Jésus-Christ qui lui remet toutes ses fautes.
Excitez alors votre cœur à une nouvelle douleur et n'oubliez point, pendant que le prêtre prononce les paroles, de formuler un acte de contrition, pour présentera l'absolution, qui estlaforme du sacrement, une matière actuellement bien disposée. La grâce que vous procurera ce parfait et actuel concoursde votre volonté avec les paroles de l'absolution en sera d'autant plus grande et le sacrement en produira d'autant mieux son effet sur votre âme.
Ayant reçu la pénitence humblement et de bon cœur, accomplissez-la aussi parfaitement que vous pourrez, en l'augmentant plutôt qu'en la diminuant et en y joignant un esprit de contrition, d'obéissance et d'amour.
Quand vous aurez mis à votre confession une diligence convenable, ne vous laissez en aucune manière agiter par les scrupules et par la crainte excessive de vous être mal confessé; remettez-vous-en au jugement de votre père spirituel, sachez que vous ne devez plus vous examiner après, ni revoir si vous avez oublié quelque chose : ne songez qu'à mieux faire à l'avenir et à remercier Dieu de la faveur que vous venez de recevoir.
A cet effet, recueillez-vous devant le Saint-Sacrement ou en quelque lieu propice, là, en présence de Dieu, vivifiez votre foi au sujet de la grâce qu'il vous a faite de vous dire par la bouche du prêtre : Je vous absous, et puisez dans la considération de son infinie bonté la ferme espérance qu'il aura exécuté et ratifié cette sentence d'acquittement.
Pratiquez les quatre actes qui suivent. Remerciez le Seigneur du bienfait du pardon de vos péchés qu'il vient de vous accorder, y compris ceux que vous n'avez point confessés par ignorance ou par oubli; remerciez-le de vous avoir donné, en outre , sa grlce pour guérir vos infirmités spirituelles et réfréner vos passions, de vous avoir conféré une force intérieure pour surmonter les tentations et enfin d'avoir ajouté à toutes ces faveurs la cha-