‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 99 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

servi Dieu, comme ils le devaient; car ce n'est rien dire qui ne convienne aux plus grands saints ni qui puisse révéler au confesseur l'état d'une conscience. Voilà pour les principaux défauts à éviter dans la déclaration de ses péchés. Parlons maintenant des qualités que doit avoir la confession.

ARTICLE III

Méthode pour se confesser avec les dispositions convenables.

Figurez -vous que Jésus -Christ dit à votre à mu souillée de péchés ces paroles qu'il adressa un jour au lépreux de l'Evangile: «Va, montre-toi au prêtre, et tu seras purifié. » (Matth. 8.) Allez à votre confesseur avec les vrais sentiments et dans l'humble posture de pénitent et de lépreux spirituel ; apportezlui l'intention de découvrir le fond de votre âme, non comme à un homme, mais comme à un ange illuminé de Dieu, qui verrait complètement l'abîme de votre cœur et qui saurait d'avance vos péchés mieux que vous-même.

Vous pouvez aussi vous représenter deux prêtres et deux confesseurs là présents, l'un visible, qui est cet homme, et l'autre invisible, qui est Jésus-Christ, vous disant : Je lis dans ton cœur, mais je veux que tu le découvres à mon ministre. Dans cette pensée, demandez d'abord humblement sa bénédiction au prêtre invisible, aussibien qu'auprètre visible; quand l'un vous bénit, persuadez-vous qu'ils vous bénissent

tous deux. Pendant la confession, envisagez souvent le juge invisible et recevez, comme de lui, l'absolution dont la formule sort de la bouche du prêtre humain.

Ne dites pas votre Confileor, par manière d'acquit, ni vos péchés .par routine, mais avec esprit de dévotion. Ne les déclarez pas sans y joindre les motifs qui vous y ont poussé et la manière dont vous les avez faits, parce que la principale malice est dans l'intention et dans la forme d'une action, plus encore que dans la matière même de cette action.

Tâchez aussi de dire les circonstances et le nombre de vos péchés, même véniels, sans trop de scrupule pourtant et sans trop d'embarras ; mettez en ces détails franchise et clarté. Dites même vos imperfections, pour vous humilier davantage et pour en recevoir l'absolution, au cas où elles seraient coupables aux yeux de Dieu dont le jugement est bien différent de celui des hommes.

Conservez tant que vous pourrez le sentiment actuel de contrition, vous souvenant de la délicatesse de conscience des saints Ephrem, Augustin, Grérald, Elzéar, de sainte Marie d'OEgnies, de sainte Paule Romaine et de tant d'autres qui pleuraient leurs moindres fautes, comme on ne pleure pas les péchés mortels les plus énormes.

Si vous sentez trop de honte à dire quelque péché, suivez courageusement le conseil que donne saint Bonaventure, qui est d'entamer votre confession par le péché dont vous rougissez le plus ; ce Goliath une fois terrassé, vous n'aurez pas de peine à mettre en

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