‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 112 sur 233 · CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION

deconsum.mundi. — Daniel, 12.) Mais déjà, maintenant, Satan, comme ces monstres qui enlevaient et dévoraient les mets du roi de Thrace pour le faire mourir de faim, monstres appelés harpies dans la langue de Virgile, (Œneid 3.) et démons par Suidas, Satan, dis-je, vraie harpie d'enfer et exécrable monstre, tâche de nous enlever avec l'Eucharistie, les mets délicieux de la table royale et sacrée. Hélas ! il n'y réussit que trop souvent. N'est-ce pas lui qui, par le calvinisme, a privé du pain de vie une partie du monde chrétien? La présence réelle est plus en horreur au démon que tout ce qu'on pourrait imaginer ; non-seulement, en effet, le Saint Sacrement a renversé les idoles et reçoit les hommages qui leur appartenaient jadis; mais il fournit aux âmes fidèles le précieux aliment de leur vie, en même temps que la force nécessaire pour repousser les attaques de l'ennemi du salut.

Vous donc qui repoussez bien loin toute pensée de doute et d'erreur au sujet du très-Saint Sacrement, prenez garde que le démon ne vous saisisse par quelque autre endroit et que, vous laissant la vérité de la foi, il ne fasse de deux choses l'une : ou qu'il ne vous inspire soit un excès de crainte, soit un dégoût qui vous éloigne de l'Eucharistie, ou qu'en vous laissant l'écorce il ne vous ôte la moelle, c'est-à-dire la grâce et le fruit du sacrement reçu dans les dispositions convenables.

Le bon Sauveur parlant un jour à sainte Gertrude, blâma de sa propre bouche une des religieuses qui était du reste fort vertueuse et surtout fort zélée pour

lo respect du Saint-Sacrement. Mais elle exagérait tellement ce respect que, par ses discours joints à son exemple, elle détournait plusieurs autres religieuses d'approcher aussi souvent de l'Eucharistie. Certes, elle avait le champ libre à s'étendre sur la dignité de la sainte communion et sur l'indignité relative des communiants, puisqu'on ne saurait assez dire ce que mérite cette majesté voilée et combien peu la créature, si parfaite qu'elle soit, est digne d'un tel bonheur. Néanmoins, son zèle ne plut pas àNotre-Seigneur qui, voyant sainte Gertrude un peu incertaine de ce qu'elle devait penser de l'esprit de cette religieuse, lui répondit : « Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes et quiconque détourne de la communion les âmes qui ne sont pas en état de péché mortel, met une espèce d'obstacle et d'interruption à mes délices. J'ai institué ce mystère par amour et dans l'intention de demeurer toujours avec les hommes jusqu'à la consommation des siècles. Je désire donc qu'on s'en approche et j'ai plaisir à ce qu'on m'amène les âmes. » (Christ, ad G&rlr. apud Bios, in Spirit. 656.) 0 bonté ravissante de notre divin et amoureux Sauveur! 0 douceur d'ineffable charité! que pourrions -nous dire nous-mêmes déplus significatif et de plus encourageant? Si nous voulons faire les délices du Sauveur et agir suivant son esprit, excitons -nous donc et excitons les autres à communier fréquemment. Ayons seulement égard à la maxime suivante.

Seconde maxime. Jésus qui commanda à Thomas d'approcher de ses plaies glorieuses et qui les lui fit

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