‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 152 sur 233 · CHAPITRE X. — DES RÉCRÉATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — DES RÉCRÉATIONS

supérieur comme négligeant les soins dus à la communauté, c'est ou enfantillage ou bassesse d'esprit ou immortification, et à coup sûr, c'est une chose qui déplaît à Dieu et qui, retombant sur le murmurateur, lui attire la vengeance du ciel. « Ne murmurez point, dit l'apôtre, comme quelques-uns ont murmuré qui ont été frappés d'extermination. » (l.Cor. 10.)

Evitez la curiosité d'apprendre des nouvelles inutiles du monde ou, si vous y avez été, de rapporter dans la communauté ce que vous aurez pu voir et entendre. Les inconvénients de cela sont très-grands, saint Benoît les a tous compris en ce mot que c'est une véritable destruction. Il l'a défendu sous peine de la discipline régulière et saint Pacôme, l'abbé Isaïe, les chartreux, les camaldules, tous les fondateurs d'ordres religieux ont fait la même défense et infligé des punitions aux violateurs de cette loi sans laquelle le recueillement devient impossible au sein des cloîtres et des maisons consacrées à Dieu.

A quoi sert aux religieux d'apprendre les querelles des uns et des autres, les mariages brillants, les désordres et les accidents qui surviennent, sinon à inquiéter leur cœur, à les distraire de l'esprit intérieur, à consumer leur temps sans profit, comme le disait saint Bonaventure, en recommandant de fermer l'oreille aux vains bruits du dehors? Vous avez renoncé au monde, que les rumeurs du monde s'éteignent à la porte de votre communauté : vous êtes sur la terre des vivants, laissez les morts ensevelir leurs morts,

Et quant aux choses que vous savez, dit encore saint Bonaventure, ne les épanchez pas comme un vase sans couvercle qui ne saurait être incliné d'un côté sans verser aussitôt ce qu'il contient et se remplir de poussière et d'immondice. (S. Bonav. 1. 2. Tract, de Instv. Nov. p. 1, c. 14.)

Au lieu de tels entretiens qui ne vous conviennent pas plus que le bruit au silence et le trouble à la paix, voyons quels doivent être les vôtres. Saint Ephrem vous l'apprend dans un sermon sur ces paroles : Prends garde à loi. Que nos entretiens réciproques, dit ce saint, ne roulent pas sur des choses étrangères et du dehors, mais qu'ils aient pour objet ce qui concerne l'utilité de l'âme et ce qui peut édifier, comme les choses saintes et toute sorte de bonnes œuvres. (S. Ephrem. t. 2. Serm. Attende libi. c. 12.)

Nous faisons bien de parler de ce que nous avons vu de louable en notre prochain , pourvu qu'il ne soit pas présent; tels sont les bons exemples dignes d'être imités que nous aurons remarqués ou dans les supérieurs ou dans quelque ancien ou dans quelque autre de nos frères. « C'est ainsi, dit saint Jérôme, que les membres d'une même famille se consolent et s'encouragent à la perfection. » (S. Hier. c. 22 ad Euseb.)

C'est encore un sujet de discours propre à ce tempslà de raconter quelque trait d'édification de Notre- Seigneur Jésus-Christ, de la sainte Vierge, de la vie des saints, de l'histoire ecclésiastique, des actes des martyrs, de ce qui nous est arrivé à nous-mêmes et qui témoigne de la bonté de Dieu, des périls auxquels

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